Le portrait d'une famille d'artistes singulière.
Pour la première fois, cette publication rassemble les œuvres de la famille Klein, avec Yves Klein (1928-1962), ses parents Fred Klein (1898-1990) et Marie Raymond (1908-1988), ainsi que son épouse Rotraut Uecker (1938). Si Yves Klein est mondialement connu pour ses peintures monochromes emblématiques, beaucoup ignorent que les membres de sa famille étaient également des artistes accomplis. L'ouvrage met non seulement en lumière le dialogue artistique au sein de la famille, mais aussi leurs liens avec les Pays-Bas, en particulier avec Schiedam, qui abrite la plus grande collection d'œuvres de Fred Klein (connu sous le nom de Frits Klein en néerlandais).
Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Stedelijk Museum Schiedam, du 21 mars au 25 octobre 2026.
Yves Klein, né en 1928 à Nice, avait pour première vocation d'être judoka. En 1954, il se tourne définitivement vers l'art et entame son « Aventure monochrome ».
Animé par l'idée consistant à « libérer la couleur de la prison de la ligne », Yves Klein se tourne vers la monochromie car c'est pour lui la seule manière de peindre permettant de « voir ce que l'absolu avait de visible ».
Privilégiant l'expression de la sensibilité plus que la figuration dans la forme, Yves Klein va au-delà de toute représentation artistique et conçoit l'œuvre d'art comme la trace de la communication de l'artiste avec le monde. C'est la réalité invisible qui devient visible. Ses œuvres sont « les cendres de son art ».
L'œuvre d'Yves Klein révèle une conception nouvelle de la fonction de l'artiste. Selon lui, la beauté existe déjà, à l'état invisible. Sa tâche consiste à la saisir partout où elle est, dans l'air et dans la matière. Yves Klein a fait de sa vie tout entière une œuvre d'art : « L'art est partout où l'artiste arrive. »
Dans sa quête d'immatérialité et d'infini, Yves Klein adopte le bleu outremer comme véhicule. De ce bleu plus que bleu, qu'il nommera « IKB » (International Klein Blue), irradie une vibration colorée qui n'engage pas seulement le regard du spectateur : c'est l'esprit qui voit avec les yeux.
De ses monochromes, au vide, à la « technique des pinceaux vivants » ou « Anthropométrie », jusqu'à l'emploi des éléments de la nature afin de manifester leur force créatrice ou de l'or qu'il utilise comme un passage vers l'absolu, il a conçu une œuvre qui traverse les frontières de l'art conceptuel, corporel et du happening.
Juste avant de mourir, Yves Klein confie à un ami : « Je vais entrer dans le plus grand atelier du monde. Et je n'y ferai que des œuvres immatérielles. »
Entre mai 1954 et le 6 juin 1962, date de sa mort, Yves Klein aura brûlé sa vie pour réaliser une œuvre flamboyante qui a marqué son époque et qui rayonne encore aujourd'hui.