Cette première monographie d'envergure consacrée à Alfredo Aceto offre un aperçu complet d'une œuvre aux multiples facettes, qui englobe la sculpture, l'installation, la vidéo, la photographie et le dessin.
Cet ouvrage comprend une introduction de Julien Fronsacq, conservateur en chef du
MAMCO, un long entretien entre le conservateur milanais Milovan Farronato et l'artiste au sujet de sa vie, de sa vocation, de son œuvre et de ses références, ainsi qu'un essai de synthèse rédigé par Julie Portier, directrice de la Villa du Parc à Annemasse.
Le travail d'Alfredo Aceto (né en1991 à Turin, vit et travaille à Lausanne) embrasse tout à la fois la peinture, la sculpture, le dessin et le son. Dans sa pratique, Aceto questionne les notions de temps, de son propre passé et de mythologie personnelle. Son travail est également marqué par les différentes personnalités qu'il a rencontrées et mêlées à ses projets, telles que Paola Pivi,
Roberto Cuoghi ou
Stéphanie Moisdon. Sa première intervention artistique fut par exemple lorsqu'il demanda à l'artiste française
Sophie Calle – pour qui il a nourri une profonde obsession – de lui tatouer sa signature sur le bras, devenant ainsi part de l'œuvre de Calle.
Au cœur de l'œuvre d'Aceto se trouve la volonté d'explorer et de créer des liens entre la réalité et l'imaginaire, la fiction et l'autobiographie, le fantasme et certaines obsessions spécifiques – de la civilisation néolithique de Cucuteni-Trypillia au mythe du super-entrepreneur incarné par l'ancien dirigeant de FIAT, Sergio Marchionne. Cette exploration s'appuie sur l'intérêt que porte l'artiste à la manière dont les gestes créatifs permettent de transformer les récits et de brouiller ce qui est considéré comme acquis. Pour lui, l'œuvre d'art n'est jamais la synthèse visuelle d'un récit, mais plutôt le résultat virtuose d'une digression progressive qui donne naissance à une forme à la fois indépendante et ambiguë. Habile à créer des œuvres à la fois mystérieuses et séduisantes, insaisissables et saisissantes, jouant tantôt sur leur utilité potentielle, tantôt sur leur excentricité extrême, Aceto produit un univers qu'il faut déchiffrer pour comprendre la manière dont les récits personnels et collectifs s'entremêlent. Inspiré par la sociologie, l'histoire de l'art et les études de genre, son travail explore l'identité, l'autoreprésentation, la sexualité en tant qu'acte de résistance, le langage, le corps et ses absences, les traumatismes et les empreintes émotionnelles. Expliquant sa méthode de travail, l'artiste déclare : « Je travaille comme un écrivain qui n'écrit pas. J'essaie de faire coexister des récits lointains, parfois dystopiques. C'est un travail d'archivage, de patience et de reconstruction. »
Alfredo Aceto est diplômé de l'
ECAL. Son travail est régulièrement exposé en Europe (Centre d'Art Contemporain, Genève ; Musée Jenisch, Vevey ; Kunsthaus Glarus ; Cosmic Galerie / Bugada & Cargnel, Paris ; Museo del 900, Milan ; Peep-Hole, Milan ; Circuit et MCBA, Lausanne ;
MAMCO, Genève ; Fondazione Merz, Palerme ;
CAPC, Bordeaux ; Kunsthalle St. Gallen ; Museo del 900, Milan ; LaM, Villeneuve d'Ascq ; Fondazione Pastificio Cerere, Rome...). Il a remporté le prix Kiefer Hablitzel en 2015.