Un essai sur la figure de l'écrivain commissaire d'exposition qui interroge la nature des relations entre
art et
littérature, la place de la littérature dans la création contemporaine en général et son rôle dans les stratégies de valorisation du patrimoine et de légitimation des institutions culturelles.
Qu'ont en commun des écrivains aussi différents les uns des autres que
Valère Novarina, Alain Robbe-Grillet, Toni Morrison, Umberto Eco, Jean-Marie Gustave Le Clézio, Jean-Philippe Toussaint, Philippe Djian, Michel Houellebecq, Marie Darrieussecq, Christine Angot, Emmanuelle Lambert, Jean-Christophe Bailly,
Valérie Mréjen, Marie-Hélène Lafon ou encore
Thomas Clerc ? Depuis le début des années 2000, tous ont été, une fois au moins, commissaires d'exposition. Émanant de musées, de centres d'art ou de galeries désireuses de gagner en visibilité, ces cartes blanches curatoriales misent sur la notoriété de leurs invités et sur leur signature pour valoriser leurs collections et leur programmation. De nos jours en effet, les institutions organisant des expositions sont tenues de se tailler une place dans une offre culturelle pléthorique en cherchant à faire événement, tandis que la littérature apparaît susceptible d'être mobilisée comme vecteur de prestige dans des stratégies de communication qui cherchent à sortir de l'ordinaire. En somme, s'il est bien appelé à œuvrer en ces circonstances, l'écrivain curateur apparaît comme un symptôme, celui d'une époque qui voit la culture en quête d'une forme de légitimité, notamment en mettant en valeur le patrimoine par la création contemporaine en général et par la littérature en particulier.
David Martens est professeur de littérature française (XIXe-XXIe siècle) à l'Université de Louvain (KU Leuven). Il s'intéresse notamment aux relations entre littérature, musées et expositions. Il a fondé en 2016 le site
www.litteraturesmodesdemploi.org, qui coordonne les recherches sur ces questions.