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Utopia
Bernadette Mayer [tous les titres]
Bat / <o> future <o> [tous les titres]
Bernadette Mayer Utopia
Traduit de l'anglais (américain) par Jean-François Caro (titre original : Utopia, 1984, United Artists books).
paru en juin 2016
édition française
13,5 x 21 cm (broché)
152 pages
15.00 €
ISBN : 978-2-9540465-5-6
EAN : 9782954046556
en stock
 
Ensemble de textes qui définit l'utopie comme un vaste ensemble d'expérimentations, de genres et de propositions théoriques existant uniquement dans le langage, Utopia s'offre comme une synthèse des utopies historiques et un instantané de la scène poétique des années 1970-1980.
L'utopie de Bernadette Mayer est ponctuée d'un voyage dans le temps, d'un séjour dans une communauté, d'un court passage sur un îlot rocheux flottant dans les airs et transportant des poètes marxistes autoritaires, d'une prison pour les propriétaires et de sexe en lévitation. Dans ce livre publié par United Artists Books en 1984, l'auteure nous parle autant de politique que de rapports à la propriété ou d'amour libre, tout en interrogeant la littérature utopique classique et contemporaine. Sa forme particulière est d'abord celle du style caractéristique de Bernadette Mayer, avec le flux poétique déjà présent dans Studying Anger (1975) et Memory (1976), mais aussi celle d'une volonté d'écriture collective. Chacun des chapitres du livre est composé d'un texte principal accompagné de notes rédigées aussi bien par Mayer que par d'autres poètes, argumentant contre elle, affirmant une affinité de pensée ou proposant leur propre vision utopique et poétique. On y croise Charles Bernstein, Joe Brainard, Rochelle Kraut, Lewis Warsh, Anne Waldman, Hannah Weiner, Diane Ward ou Greg Masters, tous membres de la même « New York School ». Utopia agit donc comme une forme d'instantané de la scène poétique des années 1970-1980. Le lecteur découvrira aussi Mayer convoquer et pasticher les figures tutélaires du genre, de Thomas Moore à André Breton en passant par Charles Fourier, Samuel R. Delany, Buckminster Fuller, Doris Lessing, Platon ou encore Jonathan Swift.
Écrivaine d'avant-garde associée aux poètes de la New York School, Bernadette Mayer est née en 1945 à Brooklyn, New York, où elle vit toujours. Elle obtient en 1967 un B.A. de la New School for Social Research, et commence peu de temps après à y enseigner à temps partiel. De 1967 à 1969, elle publie avec l'artiste Vito Acconci la revue expérimentale 0 to 9, où se mêlent des textes d'écrivains et des œuvres d'artistes visuels conceptuels basées sur l'utilisation du langage. On y rencontre alors les noms des poètes contemporains (Ted Berrigan, Clark Coolidge, Hannah Weiner, Aram Saroyan) et historiques (Novalis, Gertrude Stein, Guillaume Apollinaire), associés à des artistes, chorégraphes et musiciens prédominants tels que Robert Smithson, Dan Graham, Morton Feldman ou Sol LeWitt. En 1967, elle fonde aussi avec Lewis Warsh la maison d'édition United Artists Books, et publie un grand nombre d'écrivains influents tels que Robert Creeley, Anne Waldman, Hannah Weiner, James Schuyler, Ted Berrigan et Alice Notley, ainsi que certains de ses propres livres comme The Golden Books of Words en 1978 ou Utopia en 1984.
Connue pour son usage innovant du langage, Mayer accède à la notoriété avec son exposition « Memory », qui combinait photographies et narration. Au cours du mois de juillet 1971, Mayer prend chaque jour une pellicule de photos et enregistre ses pensées. Ces matériaux serviront de base à l'exposition, puis au livre éponyme qui sera publié en 1975. Au cours des années 1980, Mayer fut directrice du Poetry Project de la St. Mark's Church à New York où elle dirigeait aussi des ateliers d'écriture (dont les instructions ont été publiées dans la revue L=A=N=G=U=A=G=E et traduites en français en 1997 par Un Bureau sur l'Atlantique). Elle fut aussi à l'initiative de la Poetry Project's Reading Series, projet qui continue encore aujourd'hui sous d'autres auspices. La position de Mayer dans cette institution et la réception de son œuvre ont fait d'elle une figure centrale de la communauté d'artistes et d'écrivains qui se rassemblait alors dans le Lower East Side à New York. En tant qu'écrivain, Mayer est le plus souvent associée à la New York School, dénomination qui se réfère à une « école » de poésie, mais aussi à des compositeurs, peintres, artistes visuels, artistes conceptuels et chorégraphes.
L'usage par Mayer de méthodes de composition telles que la « chance operation » (opérations aléatoires), le collage et le cut-up l'identifie comme une artiste poursuivant des but similaires à ceux d'artistes comme John Cage, Jackson Mac Low ou Frank O'Hara – figures centrales de la New York School – tout autant qu'aux figures plus contemporaines associées à la revue L=A=N=G=U=A=G=E. L'œuvre de Mayer est toutefois aussi influencée de manière significative par des figures modernistes telles que James Joyce, Gertrude Stein et les écrits dadaïstes ou par des auteurs classiques qui l'ont par exemple menée à une traduction informelle du poète romain Catulle.