Que nous font les IA, et que pouvons-nous leur faire ?
Pour affronter ces questions, ce livre propose un dispositif d'écriture inédit. Un artiste, qui travaille avec les IA depuis plus de 15 ans, s'associe à un littéraire, qui préfère s'en passer. Leur réflexion commune sur et avec les machines algorithmiques génère une nouvelle instance d'écriture (constamment balancée entre un jɇ et un nōus), ainsi qu'un nouveau vocabulaire analytique (rassemblé dans un lexique final), qui allie l'abstraction théorique à la concrétude des mains dans le cambouis numérique. Le tout s'inscrit dans une analyse esthétique et politique ambitieuse proposant aux forces progressistes de sortir d'un rapport instrumental aux technologies, pour y rouvrir des espaces d'expérimentations.
Dans notre moment de bascule historique en mal de repères et d'orientation, ce livre s'efforce de forger et partager des outils conceptuels pour enrayer le « vectofascisme » qui monte. Il appelle à mieux comprendre les IA pour mieux vivre notre finitude.
Yves Citton (né en 1962 à Genève) est professeur de littérature et média à l'université Paris 8 et co-directeur de la revue
Multitudes. Il a co-dirigé le volume collectif
Politics of Curiosity. Alternatives to the Attention Economy (Routledge, 2024) ainsi que
Angles morts du numérique ubiquitaire (
EUR ArTeC/Les presses du réel, 2022) et est l'auteur d'
Altermodernités des Lumières (Seuil, 2022),
Faire avec. Conflits, coalitions, contagions (Les Liens qui Libèrent, 2021),
Générations Collapsonautes. Naviguer en temps d'effondrements (avec Jacopo Rasmi, 2020),
Contre-courants politiques (2018),
Médiarchie (2017),
Pour une écologie de l'attention (2014),
Zazirocratie (2011).
Grégory Chatonsky (né en 1971 à Paris) est un artiste franco-canadien qui explore une zone trouble entre l'être humain et les
technologies. Ses œuvres évoquent une fiction sans narration. Il fonde Incident.net, une plateforme de Netart, en 1994. À partir de 2009, il expérimente l'IA et organise, entre 2016 et 2019, un séminaire à l'ENS Ulm sur les conséquences de l'imagination artificielle sur l'art. Il a collaboré avec des cinéastes comme Jean-Paul Civeyrac et
Arnaud des Pallières et mène parallèlement une activité théorique. Il a exposé au
Palais de Tokyo, au Centre Pompidou, au
Jeu de Paume, au
CdA, au MOCA Taipei, au Museum of Moving Image, entre autres. Ses œuvres font partie de collections publiques comme celles du CNAP, de la FAC, de la BnF, etc. Il a enseigné au
Fresnoy, à l'UQAM, l'EUR
ArTeC et la Musashino Art University.