Le 49e numéro de la revue critique consacrée au graphisme, à propos de Lawrence Weiner et de son rapport à la typographie.
Lawrence Weiner : Nous sommes des navires sur la mer, pas des canards dans une mare.
Auteur : Joris Kritis
Entretiens avec Nora Turato et Linda van Deursen
Les graphistes ont toujours été fascinés par la manière dont Lawrence Weiner fait usage du design graphique. « Ce qui rend le travail de Weiner si séduisant aux yeux des graphistes, c'est sa méthode résolument assumée d'exposer des mots sans aucun besoin d'explications.* » Ce texte réalise néanmoins une analyse comparative de différentes voix évoquant l'usage que fait Weiner du graphisme et de la typographie.
*— Russel Holmes, "The Work Must Be Read", Eye Magazine, Autumn, 1998, https://www.eyemagazine.com/feature/article/the-work-must-be-read.
Faire – Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie au numéro ou sous la forme de recueils de plusieurs numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer mènent depuis 2018 cette revue imprimée en agissant avec une liste grandissante d'autrices et d'auteurs Mathias Augustyniak, Stuart Bertolotti-Bailey, Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Aude Fellay, Catherine Guiral, Étienne Hervy, James Langdon, Olivier Lebrun, Victoire Le Bars, Alexandra Midal, Camille Pageard, Remi Parcollet, Sonia de Puineuf, Simon Renaud, Benjamin Thorel, Rica Cerbarano...), donnant lieu à des sujets et des formes d'écritures singulières et variées.
L'artiste américain Lawrence Weiner (1942-2021) est une figure historique de la génération de l'art conceptuel.
Le langage a été la matière première de ses sculptures depuis la fin
des années 1960.
Le principe de son œuvre est résumé par cette formule célèbre
de 1969 : « 1. L'artiste peut construire la pièce.
2. La pièce peut être fabriquée. 3. La pièce n'a pas
besoin d'être réalisée. Chacune de ces éventualités
se valant et étant conforme à l'intention de l'artiste,
le choix dépend de la décision du destinataire lors
de la réception ».
Ses pièces se présentent sous la forme
de statements, ou d'énoncés, écrits sur le mur en lettres
géantes. Décrivant de façon impersonnelle des actions
simples ou bien des matériaux, ces morceaux de phrase
engagent le spectateur dans une nouvelle relation
à l'œuvre qu'il ne s'agit plus de voir mais de concevoir.
En même temps, la typographie et la mise en espace
des groupes de mots composent une véritable partition
visuelle alternant lignes droites et brisées.