les presses du réel

Le grand dépotoir

Le grand dépotoir Julien Blaine - Le grand dépotoir
Julien Blaine, né en 1942, dresse l'inventaire (et fait don) de ce qui reste dans un atelier d'artiste à la fin d'une vie de création.
Le but est donc le suivant :
Montrer tout ce qui me reste dans mes ateliers :
Absolument tout !
Les choses seront déposées dans les pièces et sur les cimaises de l'expo de ci de là à l'emporte-pièce (le mot composé est doublement juste).
L'exposition durera un mois, durant ce mois le public pourra venir choisir les œuvres qu'il désire emporter gratuitement et qu'il emmènera aussitôt après son choix.
Et à la fin, le mois étant écoulé, ce qui reste de l'expo composera un beau feu de joie à moins que tel musée le récupère dans ses réserves… !
Et je ne produirai plus que du texte dans des livres ou des revues.
Plus aucune toile, dessin, sculpture, installation, plus rien pour les collectionneurs, les galeries et les musées.
Et pas loin de passer au stade octogénaire, je cesserai aussi de me produire en chair et en os et en public.
Dès le début des années 1960, Julien Blaine (né en 1942 à Rognac, vit et travaille à Marseille) propose une poésie sémiotique qui, au-delà du mot et de la lettre, se construit à partir de signes de toutes natures. Forcément multiple, il se situe à la fois dans une lignée post-concrète (par son travail de multiplication des champs sémantiques, en faisant se côtoyer dans un même espace des signes – textuels, visuels, objectals – d'horizons différents) et post-fluxus (dans cette attitude d'une poésie comportementale, où est expérimentée à chaque instant la poésie comme partie intégrante du vécu). Mais avant tout, la poésie s'expérimente physiquement : elle est, d'évidence, performative. Ses performances sont nombreuses, qui parfois le mettent physiquement en péril (Chute, en 1983, où il se jette du haut des escaliers de la gare Saint-Charles à Marseille : violence de cette dégringolade incontrôlable, et la réception, brutale, au sol, quelques centaines de marches plus bas… puis Julien Blaine met son doigt sur la bouche et, sous l'œil d'une caméra complice cachée parmi les badauds médusés, murmure : « chuuuuut ! »). Mise en danger du corps, et mise en danger du poète, qui toujours oscille entre grotesque et tragique, dans une posture des plus fragile, car « le poète aujourd'hui est ridicule ». Performances, livres, affiches, disques, tract, mail-art, objets, films, revues, journaux… sa production est multiple, mêlant éphémère et durable, friable et solide. Pas un outil, un médium qui ne lui échappe. Mais rien qui ne soit achevé, arrêté. Car pour Julien Blaine la poésie est élémentaire, tout ce qu'il produit est fragment, indice d'un travail toujours en cours, document d'un chantier poétique à chaque instant renouvelé. Tous ces « résidus » doivent être lus en soi et en regard de ce qui nous entoure.
 
Edité par Laurent Cauwet.
Textes de Julien Blaine, Liliane Giraudon, Jean-Charles Agboton-Jumeau, Démosthène Agrafiotis, Laurent Devèze, Bartholomé Ferrando, Giovanni Fontana, Jacques Guigou, Patrick Javault, Gérard-Georges Lemaire, Barbara Meazzi, Jean-François Meyer, Jean-Hubert Martin, Jean-Claude Monod, Stéphane Nowak Papantoniou, Peter Read, Laurent Cauwet, Nicolas Roméas, Olivier Penot-Lacassagne, Patrizio Peterlini, Nathalie Quintane, Mata Rosenquist, André Robèr, Tanabé Shin, Marianne Simon-Oikawa, Cristina de Simone, Gilles Suzanne, Anysia Troin-Guis, Catherine Poitevin.
 
2020 (parution prévue au 2e trimestre)
édition française
14 x 21 cm (broché)
224 pages (ill.)
 
25.00
 
ISBN : 978-2-37896-143-5
EAN : 9782378961435
 
à paraître
 
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