Une exploration de la collision, à l'aube des années 1960, entre l'écrivain controversé, mais désormais mondialement célébré, Mishima Yukio (1925-1970), et la Danse des ténèbres (Ankoku butō) de Hijikata Tatsumi (1928-1986). Lien paradoxal demeurant mal connu, rarement mentionné dans les chronologies et biographies du turbulent homme de lettres.
Mishima fut l'un des premiers admirateurs de cette anti-danse singulière et hérétique, apparue alors au Japon comme un scandale dans le monde de la chorégraphie moderne. Moment intense de l'histoire personnelle de l'écrivain et de celle des contre-cultures japonaises de l'après-guerre.
Sont mis en jeu et analysés : textes de Mishima et de nombreux contemporains, faits, rencontres, signes, affinités contradictoires ayant réuni la personnalité ambivalente de l'écrivain et celles non moins complexes de ses protagonistes et amis, dont Hijikata Tatsumi et Shibusawa Tatsuhiko (1928-1987).
Bruno Fernandès (né en 1959) est chercheur indépendant, ancien des Langues'O. Une expérience de terrain, comme musicien improvisateur (percussions), au contact de l'underground japonais (free rock, noise,
butō, performances) l'incitera à s'engager dans une recherche sur l'histoire des contre-cultures
japonaises. A publié la première monographie en langue occidentale sur le groupe de happening
Zero Jigen aux Presses du réel où il dirige la collection «
Délashiné » consacrée aux contre-cultures japonaises du XXe siècle.