Les porcs ont pris le pouvoir, mais les humains sont toujours très utiles pour leur industrie cinématographique.
Depuis son livre Monsieur Q à Djakarstadt, paru aux éditions du Seuil en 2004, Martes Bathori construit un univers dystopique, où les problèmes de notre société humaine sont poussés jusqu'à l'absurde. Son récit principal a été publié en épisodes chez Les Requins Marteaux. Les porcs se sont soulevés contre l'oppression humaine et ont réussi à prendre le pouvoir. Le nouveau gouvernement porcin est loin d'être idéal, la violence règne, la surveillance est généralisée. Les humains les plus habiles sont devenus esclaves pour assurer des tâches délicates dont les porcs sont incapables (chanter, jouer la comédie, faire les lacets...), les autres servent de nourriture. Utopia Forever est un récit en images qui peut se lire en parallèle de la bande dessinée Lola reine des porcs (The Hoochie Coochie). On voit des affiches des organismes de pouvoir ou de films qui mettent en scène des célébrités humaines, une scène d'avant-première au cinéma, une autre dans laquelle deux humains partent en quête de viande.
Entre dessin, sculpture et bande dessinée, Martes Bathori développe l'un des univers les plus singuliers de la scène graphique contemporaine où La Ferme des Animaux croise l'expressionnisme de George Grosz et Otto Dix.