La première rétrospective de l'œuvre de Jean-Claude Guillaumon (1943-2022), artiste autodidacte inclassable lié à la scène
Fluxus française, adepte du happening et de toutes les formes d'art éphémère.
Richement illustré à travers plus de 300 pages, cet ouvrage de référence constitue la première publication rétrospective consacrée à l'œuvre de l'artiste, couvrant plus de cinq décennies de création. Il comporte des textes d'Isabelle Bertolotti, directrice du macLYON, d'
Anne Giffon-Selle, critique d'art, et de Matthieu Lelièvre, responsable de la collection du macLYON, et donne la parole à Jean-Claude Guillaumon à travers la publication de propos recueillis, revenant sur son cheminement artistique.
Publié à l'occasion de l'exposition
« Encore lui ! Jean-Claude Guillaumon » au macLYON du 6 mars au 12 juillet 2026.
Né en 1943 à Lyon, Jean-Claude Guillaumon s'est consacré à la peinture avant de découvrir le happening et l'art environnemental en 1964 à la Biennale de Venise. Curieux de toutes les formes de création, il se tourne vers le mouvement
Fluxus et collabore avec des artistes tels que
Ben,
George Brecht et
Robert Filliou mais aussi
Daniel Buren,
Olivier Mosset ou encore
ORLAN. Adoptant la maxime L'art c'est la vie, il organise de nombreux happenings et contribue à l'essor de ce courant alternatif dans la région lyonnaise, bousculant au passage la scène artistique locale et ses institutions. À une époque où l'émergence des nouvelles formes d'art liées aux secondes avant-gardes restait très centralisée, notamment à Paris, ces artistes engagé·es en région apparaissent comme de véritables pionnier·ères.
Dans les années 1970, Jean-Claude Guillaumon s'éloigne progressivement du happening et de la vague Fluxus pour se consacrer à la photographie noir et blanc. Il met en scène son propre corps dans des compositions souvent burlesques, incarnant un regard à la fois plein de malice et engagé sur la société et l'art. « […] je me suis multiplié dans des compositions photographiques pour jouer tous les rôles du genre humain. L'humour et la dérision, omniprésents dans ce travail, sont les seules façons de détruire la vanité de la représentation de ma propre image : je joue ainsi le rôle de l'homme ordinaire, mais aussi celui de l'artiste, de sa place dans la société, en référence à l'histoire de la peinture. »
Tout au long de son existence, son œuvre, empreinte de facétie et d'ironie, réalisée avec peu de moyens, aura défendu ce lien indissociable entre l'art et la vie. Bien avant l'apparition du selfie, son corps, à la fois sujet et objet de sa création, traverse le temps et les espaces, témoignant de la place de l'art dans ses relations personnelles, familiales et artistiques.