Monographie de référence de la cinéaste brésilienne.
Depuis la fin des années 2000, Ana Vaz s'est donné pour mission de désapprendre l'habitude la plus ancienne de la caméra : ce regard vertical qui analyse et capture. Ses films partent du sol. Ancrée dans la tradition rebelle du cinéma brésilien et nourrie par la théorie critique, la pédagogie radicale et des systèmes de savoir qui contournent le canon occidental, son œuvre nous invite à voir autrement, à prendre conscience que tout acte de regarder est aussi un acte d'exposition.
Publiée à l'occasion de sa première exposition personnelle, A câmera é o corpo (La caméra est le corps), au Mudam Luxembourg, cette monographie de référence rassemble des essais commandés à Erika Balsom, Fernanda Brenner, Juliana Fausto et Tristan Bera, des entretiens avec Olivier Marboeuf, Suely Rolnik et Dilton de Almeida, ainsi que des textes rédigés par Ana Vaz elle-même. Ce recueil examine une œuvre qui dépasse le cadre de l'écran et aborde des questions liées à la critique décoloniale, à l'écologie politique et à la résistance micropolitique.
Ana Vaz (née en 1986 à Brasilia) est une artiste et cinéaste brésilienne. Ses films et ses installations interrogent l'héritage de la modernité coloniale et ses répercussions persistantes sur les terres et les communautés. Chacune de ses œuvres examine les cicatrices, les ruines, les fantômes et les histoires occultées qui hantent ces territoires, tout en révélant les potentialités, les intensités et les alliances qui en émergent. Détournant la figure du sujet rationnel propre aux récits occidentaux, Vaz aborde les mondes humain, animal et végétal à travers ce qu'elle appelle un « cinéma incarné », où les affects et les corps jouent un rôle central.