Livre d'artiste basé sur le projet au long cours de Laila Hida sur les représentations fantasmées du palmier, du désert et des oasis dans la culture populaire occidentale.
Laila Hida mène une investigation sur le palmier-dattier Phoenix dactylifera. Afin d'en retracer les déplacements, elle collecte captures d'écran, coupures de presse, cartes postales, objets-souvenirs, et se plonge dans la littérature et les écrits scientifiques. Elle multiplie les pérégrinations et voyage dans le temps. Partant du Maroc colonial, elle suit la plante sur la Riviera française avant de traverser l'Atlantique et d'en retrouver la trace en Californie. Le palmier devient un signe. On distingue différentes strates de récits historiques, de mythes collectifs, depuis la littérature de voyage du xıxe siècle, la peinture, la photographie et le cinéma, jusqu'à l'imagerie touristique, l'architecture, le design paysager et l'embellissement urbain.
Publié aux éditions du Jeu de Paume, cet ouvrage s'inscrit dans ce projet mené sur une quinzaine d'années par Laila Hida sur les représentations du palmier, du désert et des oasis dans l'art, le cinéma et la photographie des XXe et XXIe siècles. Archivant une multitude d'images de palmiers, cet ouvrage vise à montrer l'accumulation esthétique du motif et la manière dont la culture populaire occidentale a façonné l'imaginaire fantasmé du désert et des oasis.
Publié à l'occasion de l'exposition de Laila Hida organisée par le Jeu de Paume au château de Tours du 19 juin au 8 novembre 2026.
Laila Hida (née en 1983 à Casablanca) est une artiste et travailleuse culturelle marocaine basée à Marrakech.
Elle développe un travail dans lequel s'articulent différentes pratiques de l'image, mêlant dans ses installations ses propres photographies à des fragments d'archives diverses. Qu'ils soient personnels ou collaboratifs, ses projets n'ont de cesse de questionner les usages et le pouvoir fictionnel des images dans la fabrication des mythes sur l'Orient. Ses recherches – nourries d'un flux d'images ininterrompu et des nombreux séjours de l'artiste, depuis 2016, dans l'oasis de Tighmert, aux portes du Sahara – interrogent aussi bien la construction d'une esthétique exotique et d'une identité touristique que les savoirs produits et diffusés depuis la période coloniale.