Au milieu de la violence incessante et sans précédent de l'assaut contre Gaza, On the Zero Line se présente comme un recueil polyphonique d'écrits intimes de Gazaouis, offrant un témoignage brut et essentiel de leur lutte quotidienne pour la survie, la mémoire mais aussi les moments de vie ordinaire sous le siège.
On the Zero Line est un recueil d'essais et de poèmes écrits au lendemain de l'invasion israélienne de Gaza en octobre 2023. Compte tenu de l'aggravation de la situation, depuis l'intensification de la famine à Gaza jusqu'aux nombreux civils abattus alors qu'ils cherchaient de la nourriture dans les points de distribution, on pourrait dire que ces textes sont « dépassés », et dans un certain sens, ils le sont ; un recueil d'écrits provenant de Gaza rédigé fin 2025 serait différent de celui-ci. Mais d'un autre côté, les textes inclus ici ne sont pas modifiés par l'évolution de la situation à Gaza, car ils traitent de questions et de thèmes qui remontent loin dans le passé et s'étendent loin dans l'avenir.
Cette anthologie a été compilée en arabe original par Tariq Asrawi, de la maison d'édition Tibaq Publishing, basée en Cisjordanie occupée, en Palestine. À l'heure de la parution du livre, il n'est pas en mesure de donner des informations sur le sort de tous les auteurs inclus dans l'anthologie. L'existence même de cette anthologie est un acte de persistance culturelle et un rejet de l'hégémonie culturelle. À la suite d'une catastrophe visant non seulement à détruire des vies, mais aussi à effacer le paysage culturel d'un peuple, publier ces voix est un acte de résistance. Alors que les bibliothèques sont bombardées et que les institutions littéraires de toute l'Europe se montrent déterminées à réprimer toute mention de la Palestine, le fait de coucher des mots sur le papier affirme que la pensée et la littérature palestiniennes ne peuvent être effacées. En traduisant et en publiant ce recueil, nous espérons soutenir un élément fondamental de l'autodétermination palestinienne : la préservation et la pérennité de son infrastructure culturelle.
Edité par Tariq Asrawi.
Textes de Ibrahim Nasrallah,
Khaled Juma,
Aseel Abdelsalam Salama,
Moamen Mousa,
Ismail Jahjouh,
Nayzrouz Qarmout,
Doha Al-Kahlout,
Haidar Al-Ghazali,
Hesham Abu Asker,
Ahmad Issa,
Hasan Matar,
Ahmad Basyouni,
Kareem Abu Al-Rous,
Hani Mousa,
Mahmoud Jouda,
Razan Abu Asker,
Ibrahim Matar,
Ruba Atallah,
Hasan Abdulraouf Al-Qatrawi,
Haya Abu Nasr.
Traduit de l'arabe par Samuel Wilder.