les presses du réel

Music Promenade / Unheimlich Sch​ö​n (vinyl LP)

Luc Ferrari - Music Promenade / Unheimlich Sch​ö​n (vinyl LP)
Deux pièces de musique électroacoustique et de musique concrète, Music Promenade (1964-1969, version pour quatre magnétophones autonomes) et Unheimlich Schön (1971, réalisée dans les studios de la Südwestfunk à Baden-Baden, avec la voix d'Ilse Mengel).
Music Promenade (1964–1969), 20'29"
Musique électroacoustique.
Création mondiale pour le Théâtre de la musique, 16 mars 1970
« Hétéro-Concert »
Version permanente pour quatre magnétophones indépendants. Suite de sons réalistes et d'images sonores qui se télescopent. Un promeneur est heurté par la violence de ce qui l'entoure.
La nature a disparu dans un tourbillon de militaires et d'industries au milieu duquel on entrevoit un folklore agonisant et une jeune fille perdue.
La version « Installation » permet de sonoriser un lieu dans lequel le promeneur est libre de choisir son itinéraire musical.

Unheimlich Schön (1971), 15'40″
Musique concrète réalisée en 1971 dans les studios de la Südwestfunk Baden-Baden.
Voix : Ilse Mengel.
« Comment respire une jeune femme qui pense à autre chose. »
À écouter très doucement.

« Music Promenade, composé en 1969, a été réalisé à partir d'un certain nombre d'enregistrements faits pendant des voyages dans différents pays d'Europe. Au départ, la pièce a été conçue comme une installation acoustique basée sur le déroulement en boucle de quatre bandes magnétiques indépendantes les unes des autres.
Ainsi les événements sonores dispersés aux quatre coins de la salle se rencontraient en permanence de façon aléatoire.
La durée de la pièce était indéfinie.
La réalisation sur CD est donc l'immobilisation d'une version possible sous forme de mixage stabilisé.
La structure de chacune des quatre bandes d'une durée d'environ 20 minutes (chaque bande étant de durée différente pour que les cycles ne se rencontrent jamais de la même manière) est constituée d'une succession de courtes séquences caractéristiques et dynamiques en alternance avec des sons flous et faibles, parfois proche du silence.
Quand une séquence caractéristique rencontre par hasard un son faible, ce dernier la colore. Par contre, si une séquence événementielle en rencontre une autre elles se perturbent mutuellement, en bien ou en mal.  Ainsi va la vie.
Si je considère cette pièce vue de maintenant, je constate que je travaille toujours sur ces mêmes principes de variations hasardeuses qui créent des rencontres et de superpositions de cycles qui se combinent en se modifiant. Ce concept que j'ai appelé dans les années 60 "tautologie" est toujours actuel dans mes compositions récentes. »
Luc Ferrari, 1999

« L'œuvre musicale de Luc Ferrari est foisonnante et sensible. Elle tourne autour des objets, elle va à la rencontre du monde, elle s'empare des situations, s'empare de l'auditeur, le prend comme complice. La musique de Luc Ferrari n'est jamais pure, elle puise autour d'elle. D'abord dans le concret sonore, puis dans le concret tout court. Dans la vie. Les deux œuvres composant ce disque témoignent de cet aspect, d'une musique ouverte sur l'extérieur et l'expérience et d'une musique éprise, comme son auteur, de liberté. »
François Bonnet, 2018

Luc Ferrari (1929-2005) est un compositeur électroacoustique français. Grande figure de la musique expérimentale, pionnier de la musique concrète et de la prise de son de terrain, Luc Ferrari, qui a été l'élève d'Alfred Cortot, Arthur Honegger et Olivier Messiaen, a été chef de service du Groupe de recherches musicales (GRM) au côté de Pierre Schaeffer de 1958 à 1966. N'ayant eu de cesse de questionner, Luc Ferrari nous laisse une œuvre tour à tour solaire, généreuse, drôle, intime ou nocturne. Tel un miroir tourné vers l'autre, s'y reflètent le monde et ses fantasmes.
Mastering : Rashad Becker (Dubplates & Mastering, Berlin).
Transfert numérique : Jonathan Fitoussi & Diego Losa.
Conception graphique : Stephen O'Malley.
 
paru en avril 2019
 
22.00
 
en stock


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