les presses du réel

Faire – Regarder le graphismeVolume 09 (n° 31, 32, 33, 34)

 - Faire – Regarder le graphisme
Les numéros 31 à 34 de la revue critique consacrée au graphisme.
nº 31 — Une édition : The Serving Library. Entretien avec Stuart Bertolotti-Bailey par James Langdon

Le magazine lancé Dot Dot Dot s'est toujours mis à dos certaines factions de la communauté des graphistes. Bien qu'il soit sans aucun doute simplement un magazine dédié au graphisme, Dot Dot Dot a toujours défendu l'idée que le graphisme était lui-même *dédié à* – ou du moins inséparable de – tout contenu qu'il pouvait être amené à exprimer. Avec cette affirmation ingénue, il est devenu, sans nécessairement essayer, un magazine dédié aux sujets potentiels du design graphique. Un magazine potentiellement dédié à tout et n'importe quoi, donc ! Le dernier numéro de Dot Dot Dot a été publié en 2010. La publication qui lui succède, Bulletins of The Serving Library, a continué à élargir son champ éditorial.
Au cours de ces vingt années de publication, ses éditeurs ont amassé une collection considérable de près de cent objets apparus au fil des magazines. Les contenus de cette collection sont de nature variée, tant en termes de format que de projet : ils vont d'images de commande pour des articles à des œuvres d'art relevant d'historicités particulières, de positions et de praticiens d'importance. À l'automne 2020, cette collection a déménagé dans une annexe de l'artist run space 019 à Gand, dans la perspective d'y être installée à long terme comme un espace propice à l'enseignement, riche de connexions qui mènent au cœur et aux marges de l'histoire et de la pratique récentes du design graphique.

nº 32 — Un graphiste illustrateur : Bráulio Amado. Auteure : Manon Bruet

Écrire à propos d'une personne que l'on n'a jamais rencontrée, c'est en quelque sorte mener une enquête. Le travail préparatoire consiste à collecter des mots (les siens, ceux d'autres), des images, parfois  des  sons,  qui  sont  autant  d'indices  permettant de se projeter, de formuler des hypothèses. En somme, c'est tenter de comprendre et de reconstituer au fil du temps une personnalité, une pratique, et finalement un territoire. Mon enquête sur Bráulio Amado commence en janvier dernier, par l'acquisition de son ouvrage 2018 sur le site de l'éditeur portugais Stolen Books. Elle se poursuit ensuite sur plusieurs mois, durant lesquels je me trouve tour à tour transportée dans les sous-sols de clubs, dans  les  scènes  musicales  lisboètes  ou  new-yorkaises, puis au sein des colonnes d'un hebdomadaire américain consacré à l'économie, pour terminer au cœur d'une certaine relation entre l'historique affichiste et le très actuel graphiste-illustrateur.

nº 33 — Formes ligneuses et tentaculaires : Plantes mangeuses d'hommes et invasions décoratives. Auteur : Camille Pageard

Au cours du XIXe siècle, un nouveau genre littéraire parcourt l'Angleterre. Le roman gothique s'empare de thématiques qui alimenteront l'imaginaire des productions culturelles modernes occidentales. Des esprits malfaisants, des corps abjects, des émotions exacerbées et une nature déréglée deviennent les protagonistes de représentations extra-rationnelles. Au sein de ce nouveau courant se développe un sous-genre où une végétation hostile tue et dévore les hommes à coup de lianes et de racines tentaculaires, de parfums empoisonnés et de gueules épineuses. Le goût littéraire pour l'horreur conduit à un nouveau « plaisir de l'œil » déployé par les illustrateurs sur les planches et les couvertures des livres. L'invasion des images au XIXe siècle est ainsi aussi celle de l'envahissement par une nature hybride moins pacifiée et régentée que ne le laisse entendre l'histoire de l'ornement.

nº 34 — Un prix : Qu'est-ce qu'un plus beau livre ? Auteur : Thierry Chancogne

C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, que le Beau se détache du Bien et de l'Utile comme accès libre au sens, à la vérité. Et l'on peut se demander si, à partir de la révolution industrielle, le design du dessin à dessein n'a pas dans une certaine mesure repris le flambeau des techniques appliquées de l'Ancien Régime de l'art de faire et de la beauté. Qu'en est-il dès lors du qualificatif de « beau » appliqué à la typographie comprise comme art de la mise en forme des livres depuis 1943 et la mise en place du « Prix des plus beaux livres suisses » sous l'impulsion du fameux Jan Tschichold ?
Faire – Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de trois ou quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

« Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »
 
paru en octobre 2021
édition bilingue (français / anglais)
20 x 29 cm (broché, sous film)
100 pages (ill. coul. et n&b)
 
26.00
 
ISBN : 979-10-95991-19-9
EAN : 9791095991199
 
en stock
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