Les liaisons dangereuses entre art et pétrole : la question de l'œuvre d'art et des rapports de pouvoir postcoloniaux façonnés par l'industrie pétrolière, à l'ère du réchauffement climatique et de notre civilisation qui brûle.
Publié à l'occasion de l'exposition éponyme présentée à la Villa Médicis du 9 octobre 2026 au 18 janvier 2027, ce catalogue explore les liaisons dangereuses entre art et pétrole.
Soleil noir. Pétrole et art contemporain aborde, à travers le pétrole, la question de l'œuvre d'art à l'ère du réchauffement climatique et de notre civilisation qui brûle. Plus spécifiquement, le projet
questionne l'impact du pétrole sur les pratiques artistiques contemporaines et sur nos imaginaires refaçonnés par la modernité. Conçue comme une exploration des liaisons dangereuses entre art et pétrole elle réunit des œuvres qui interrogent la manière dont l'industrie pétrolière a conditionné les rapports de pouvoir entre le Nord et le Sud sur la base de l'extraction des ressources naturelles, notamment dans la période postcoloniale.
De l'implantation des raffineries, des pipelines ou encore des plateformes offshore, en passant par les révolutions, coups d'état, chocs pétroliers et catastrophes climatiques, c'est toute une histoire visuelle et critique de la pétromodernité qui est suggérée par les artistes de l'exposition – de
Robert Smithson, Nancy Holt ou
Robert Rauschenberg à Monira Al Qadiri, Zina Saro-Wiwa ou
Ana Alenso. Le pétrole y apparaît moins comme une simple ressource que comme une force active, un ensemble de flux matériels et symboliques traversant les œuvres ; voire un système cosmologique, une dramaturgie d'éléments naturels ou chimiques qui influent sur la politique, l'économie, l'urbanisme…
Soleil noir examine autant les stratégies des infrastructures pétrolières pour se rendre invisibles que leur mise en scène à des fins esthétiques ou idéologiques. Elle souligne la convergence entre les pratiques artistiques et les pratiques militantes qui se rejoignent face à « l'impérialisme fossile » selon les mots du penseur Andreas Malm, et pour envisager un monde post-pétrole.
Structuré en sept chapitres, l'ouvrage fait dialoguer les œuvres exposées avec un ensemble de textes inédits, signés de philosophes, d'historiens de l'art et de chercheurs, qui éclairent les grands enjeux de l'exposition.
Œuvres de Latif Al Ani,
Monira Al Qadiri,
Jananne Al-Ani,
Ana Alenso,
Ismaïl Bahri,
Alessandro Balteo-Yazbeck,
Bernardo Bertolucci,
Rossella Biscotti,
BP,
Alberto Burri,
Chloe Dewe Mathews,
Aref El Rayess,
Fouad Elkhoury,
Joanne Farchakh Bajjaly,
Media Farzin,
Mehdi Ghadyanloo,
Lungiswa Gqunta,
Robert Gschwantner,
Jacqueline Hassink,
Isabelle Hayeur,
Romuald Hazoumè,
Michael Hirschbichler,
Alexandre Hogue,
Nancy Holt,
Jumana Manna,
Alessandro Marchi,
Anita Molinero,
Anahita Norouzi,
Robert Rauschenberg,
Ed Ruscha,
Shirin Sabahi,
Behjat Sad,
Latifa Saeed,
Zina Saro-Wiwa,
Jessica Segall,
Allan Sekula,
Robert Smithson,
Thu-Van Tran,
Jala Wahid,
Hani Zurob.