Cent nouvelles de Peter Greenaway.
« Au cours des cinquante dernières années, j'ai accumulé un grand nombre d'histoires courtes. Elles se présentent toujours comme des réflexions autour de choses qui me fascinent et qui n'ont pas trouvé leur place ailleurs. Elles furent souvent écrites comme des provocations ou bien comme des possibilités pour des films qui n'ont pas été réalisés, des films qui n'ont pas été achevés, des idées pour des peintures, du théâtre, des expositions – ou comme des pensées autonomes. Dès que j'ai commencé à faire des films, j'ai écrit ce genre d'histoires très brèves, voire très très brèves : parfois deux ou trois phrases, dans certains cas un paragraphe.
Il en existe désormais près d'un millier, et j'ai le sentiment très net qu'elles ne cesseront jamais de venir à moi. Certaines ont trouvé leur chemin dans mes premiers courts-métrages – des récits face caméra dans
H is for House et dans
Vertical Features Remake –, parfois elles ont fourni l'architecture d'un film, comme pour
Dear Phone. Elles se déversent également, à profusion, dans les trois heures encyclopédiques de
The Falls.
Avec le temps, ces histoires se sont multipliées, se rapportant à presque tout ce qui occupe ma pensée. Certains thèmes se répètent sans cesse : les peintres et la peinture, les oiseaux et l'histoire naturelle, l'anatomie, Rome et les Romains, les Pays-Bas et les Néerlandais. Darwin, Rembrandt, Henri VIII reviennent toujours. Et les histoires qui se greffent sur d'autres histoires sont en nombre infini.
Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant a été conçu durant un dîner alors qu'un autre scénario imaginait un vieil homme écrivant une centaine d'histoires sur les tours d'une ville – une structure qui me permettait de parler de la mort, de la perte, de l'hubris humaine, du fait de vieillir, de la mortalité, de l'euthanasie.
Que tout cela devienne un jour un film demeure incertain.
Avec l'artiste, peintre et illustrateur Stefano Bessoni, nous présentons un recueil de mes récits accompagnés de ses dessins.
Et donc, on commence. »
Peter Greenaway
« A bien des égards, ce livre est également du cinéma – un cinéma fait de papier et d'encre, de traits et de mots, de visions qui ne se déroulent pas sur un écran mais à travers les pages. Un film à lire, une histoire à regarder. »
Domenico De Gaetano
Stefano Bessoni (né en 1965), originaire de Rome, est un cinéaste, écrivain, illustrateur et animateur italien spécialisé dans le stop-motion. Son œuvre est portée par une passion pour l'entomologie, l'anatomie, les contes de fées et l'histoire des sciences. Bessoni puise son inspiration dans des atmosphères troublantes qui évoquent l'étrange et l'inquiétante étrangeté, en explorant notamment le concept de la Wunderkammer (cabinet de curiosités). Son univers, souvent empreint de mystère gothique et façonné à partir de matériaux insolites tels que des ossements, des chiffons, des jouets anciens ou des objets vintages, dégage un univers à la fois fascinant et inquiétant.
Peter Greenaway (né en 1942, Newport, Pays de Galles, vit et travaille à Amsterdam) est un
cinéaste et plasticien gallois, dont les expositions et installations ont pu être vues au Palazzo Fortuny, Venise, à la Galerie Joan Miro, Barcelone, le Boijmans van Beuningen, Rotterdam ainsi qu'au Louvre. Réalisateur de 12 films et près de 50 courts métrages et documentaires, il est régulièrement nominé aux festivals de Cannes, Venise et Berlin. Il a collaboré avec les compositeurs Michael Nyman, Glen Branca, Wim Mertens, Jean-Baptiste Barriere,
Philip Glass, Louis Andriessen, Borut Krzisnik et David Lang. Parmi ses œuvres majeures,
Meurtre dans un jardin anglais,
Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant,
The Pillow Book,
The Tulse Luper Suitcases...