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L'art fondé sur la recherche est devenu l'un des genres incontournables de ce siècle. En prenant comme étude de cas le collectif Forensic Architecture, Emily Watlington, rédactrice en chef adjointe d'Art in America, dénonce ce qu'elle considère comme un glissement dangereux entre la recherche artistique et les « faits alternatifs ».
En se penchant sur l'œuvre de Walid Raad, Emily Watlington défend néanmoins l'importance d'autres réalités possibles. Watlington décrit le travail de Raad comme une sorte de « surréalisme de l'ère de l'information » et démontre de manière convaincante qu'il se distingue des fausses informations. Les différences entre les deux études de cas de Watlington sont plutôt subtiles, mais les enjeux de ces distinctions sont profonds. Alors que la confiance dans les faits s'effrite rapidement et que le fascisme et l'autocratie gagnent du terrain, il est clair que les réalités partagées sont essentielles à l'avenir de la démocratie. Et pourtant, imaginer des alternatives à notre présent est plus important que jamais. Que doit faire un créateur d'images à l'heure où voir n'a plus grand-chose à voir avec croire ?
« Artists have always created alternate realities. But what are the stakes of doing so at a time when a shared reality feels so hard to come by, and its stakes so urgent? [...] This is a book about the dangerous slippage between artistic research and alternative facts, and about the vital need for alternatives all the same. »
Emily Watlington (née en 1993) est critique d'art et rédactrice en chef adjointe du magazine Art in America. Elle a reçu le prix Rabkin, le prix Vera List de la critique d'art visuel et le prix Theorist décerné par C/O Berlin.