Cet album rassemble une sélection de ces sessions – une sorte de « greatest rotten hits » qui se distingue de leur série
Imaginary Island Music.
L'album fait office d'archive vivante couvrant plus de cinq ans d'enregistrements : des sessions poussiéreuses et longtemps oubliées aux morceaux en constante évolution qui sont devenus des incontournables des concerts du groupe mais qui n'avaient jamais été enregistrés auparavant. Ces longues sessions ont servi de boîte de Pétri au son de Lagoss, permettant à leurs expérimentations de se transformer en leur style chaotique caractéristique : cyber-exotica, kosmische instable ou dub fortement corrodé.
Le titre fait évidemment référence à
Music for Airports de
Brian Eno, mais la logique est inversée. Au lieu d'une dérive ambiante épurée, l'album baigne dans un environnement dense et fertile : structures polyrythmiques, électronique aux accents latins et contre-temps changeants qui semblent alourdis par l'humidité locale.
En fin de compte,
Música para Plátanos traite autant du processus que du lieu. À l'instar de la plantation à l'extérieur, la musique est soumise aux éléments ; les morceaux changent de forme en fonction de la chaleur de la journée, de ce que nous avons bu, de ce que nous avons mangé. C'est une moisson sonore instable et honnête, façonnée tant par le temps que par les états d'esprit.