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Le petit bestiaire (album)

Le petit bestiaire (album) Julien Blaine - Le petit bestiaire (album)
Les bestiaires poétiques de Julien Blaine.
« Un album des sciences naturelles à illustrer éventuellement ». C'est une publication de 304 pages dont 45 pages pour une postface de Gilles Suzanne : Les bestiaires de Julien Blaine, ou l'abrégé de quelques ontologies bestiales, un ouvrage qui reprend cette forme, décidée par Julien Blaine en 1986 aussi évidente que le sonnet, sans doute la forme poétique la plus brève existante, encore plus concise que le haïku : un mot au-dessus de l'autre séparé par une conjonction de coordination, en l'occurrence un simple trait comme une ligne d'horizon. Tantôt trait d'union tantôt très de désunion : le Bimot.
Mais là, dans ce texte, les deux mots sont en majorité des noms d'animaux.
La poésie élémentaire de Julien Blaine a trait aux chimères et au bestiaire. Animaux réels et chimères – non moins réelles, du moins, dans sa poésie –, pullulent et parcourent son œuvre poétique. Dès 1962, Reps Éléphant 306 dont l'orphisme éléphantin réinvente le bestiaire, augure d'une démarche poétique qui ne cessera de s'affirmer. Dans ses poèmes, la présence de chimères et d'animaux en tous genres inscrit la poésie de Julien Blaine dans une tradition multiséculaire. Dès les premiers essais dont il relève, le bestiaire renvoie à un genre dont la cote mal taillée l'ancre tout à la fois dans les domaines littéraires et scientifiques. Prévient Gilles Suzanne dans sa postface.
Dès le début des années 1960, Julien Blaine (né en 1942 à Rognac, vit et travaille à Marseille) propose une poésie sémiotique qui, au-delà du mot et de la lettre, se construit à partir de signes de toutes natures. Forcément multiple, il se situe à la fois dans une lignée post-concrète (par son travail de multiplication des champs sémantiques, en faisant se côtoyer dans un même espace des signes – textuels, visuels, objectals – d'horizons différents) et post-Fluxus (dans cette attitude d'une poésie comportementale, où est expérimentée à chaque instant la poésie comme partie intégrante du vécu). Mais avant tout, la poésie s'expérimente physiquement : elle est, d'évidence, performative. Ses performances sont nombreuses, qui parfois le mettent physiquement en péril (Chute, en 1983, où il se jette du haut des escaliers de la gare Saint-Charles à Marseille : violence de cette dégringolade incontrôlable, et la réception, brutale, au sol, quelques centaines de marches plus bas… puis Julien Blaine met son doigt sur la bouche et, sous l'œil d'une caméra complice cachée parmi les badauds médusés, murmure : « chuuuuut ! »). Mise en danger du corps, et mise en danger du poète, qui toujours oscille entre grotesque et tragique, dans une posture des plus fragile, car « le poète aujourd'hui est ridicule ». Performances, livres, affiches, disques, tract, mail-art, objets, films, revues, journaux… sa production est multiple, mêlant éphémère et durable, friable et solide. Pas un outil, un médium qui ne lui échappe. Mais rien qui ne soit achevé, arrêté. Car pour Julien Blaine la poésie est élémentaire, tout ce qu'il produit est fragment, indice d'un travail toujours en cours, document d'un chantier poétique à chaque instant renouvelé. Tous ces « résidus » doivent être lus en soi et en regard de ce qui nous entoure.
Blaine fut le cofondateur de Libération avec ses amis de l'Agence de Presse Libération et de Géranonymo, directeur de l'Autre-Journal avec son ami Michel Butel, fondateur de Doc(k)s, la revue internationale des poésie d'avant-gardes. Sous son patronyme Christian Poitevin, il fut adjoint à la culture à Marseille de 1989 à 1995. Et sous le nom de Jules Van, il procéda à l'art du boycott, du vol, de la perruque et du sabotage ici & là.
Postface de Gilles Suzanne.
 
2026 (parution prévue au 3e trimestre)
édition française
11 x 15 cm
304 pages
 
29.00
 
ISBN : 978-2-37896-682-9
EAN : 9782378966829
 
à paraître


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