Un livre d'artistes dans lequel
Anri Sala dialogue avec l'œuvre picturale d'Edi Hila.
This publication, conceived by museo Madre, is more than a simple book; it is an artists' book in which Anri Sala interacts with the corpus of paintings by Edi Hila. As Eva Fabbris, the Director of museo Madre, points out in her brief essay, Sala engages Hila's work in a contemplative and cinematic way, allowing the historical and political consciousness the two share to surface gradually through the sequencing of images.
Born thirty years apart in Albania, Hila and Sala share not only a geography but a historical condition. Both were formed at the Academy of Arts in Tirana—Hila as a student and later a professor, and Sala as part of the generation that encountered the institution at the threshold of the regime's collapse. If Hila's early career unfolded under the strictures of Socialist Realism and direct censorship, Sala's began in the vacuum that followed its dissolution.
Sala reads the transformations that have marked Eastern Europe—emerging through Hila's paintings—as conditions that may also be understood in broader, even universal terms. This narration unfolds through both full views and selected details, photographed under Sala's direction. The guiding "cursor" of the book is the evolution of light. It is as if the entire publication takes place within a single day—yet a day whose time has been reversed. It begins at night and retreats through dusk, late afternoon, early afternoon, high noon, late morning, early morning, until sunrise, completing a full, inverted cycle.
Depuis les années 1990, la pratique d'
Anri Sala (né en 1974 à Tirana), plasticien albano-français, se développe sur un large
éventail de médiums incluant la vidéo, la photographie, l'installation et plus récemment le dessin et la sculpture. Son travail explore les frontières entre l'image et le son en vue de générer
des temporalités soigneusement assemblées, qui se chevauchent les unes
avec les autres. À travers une nouvelle forme de langage, son travail
ouvre une multitude de perspectives et d'interprétations rassemblant ainsi
passé, présent et futur. Parce que l'artiste accorde une grande importance
à la lumière, au son et à la scénographie, ses œuvres sont souvent
présentées dans des espaces immersifs qui stimulent nos sens et créent un
lien entre corps et architecture.
Figure majeure de la scène balkanique, Edi Hila (né en 1944 à Shkodër, Albanie, vit et travaille à Tirana) témoigne des profonds changements vécus par les sociétés postcommunistes européennes. Il développe un travail de réflexion sur la nature transitoire de l'histoire de son pays, l'Albanie (frontière naturelle entre occident et orient), et sur la position de la peinture albanaise dans l'histoire de l'art méditerranéenne.
Depuis 1991, Edi Hila enseigne la peinture à l'Académie des Arts de Tirana où il forma notamment des artistes comme
Adrian Paci et
Anri Sala.
Il a bénéficié de rétrospectives notammentau Musée d'Art Modernen de Varsovie, à la National Gallery of Arts de Tirana et à la Sécession de Vienne. Il a participé à de nombreuses autres expositions internationales telles que la Biennale de Venise (1999),
After the Wall au Moderna Museet à Stockholm (1999), au Hamburger Bahnhof à Berlin et au Ludwig Museum à Budapest (2000),
Blood and Honey, The Future's Balkan sous le commissariat de
Harald Szeeman au Essl Museum à Vienne (2003), la Biennale de Liverpool (2010) ou encore la documenta de Cassel et Athènes (2017). Ses œuvres sont présentes dans les collections du Musée national d'art Moderne - Centre Pompidou, du FRAC Pays de la Loire, du FRAC Auvergne, du Fonds Municipal de la ville de Paris, de la Neue Gallery à Cassel, du Musée d'Art Moderne de Varsovie et du Van Abbemuseum à Eindhoven.