Une généalogie de l'artiste moderne.
Premier essai de l'auteur,
Formes de vie présente une hypothèse originale sur la naissance de la modernité artistique, et qui diffère des récits canoniques de l'histoire de l'art. Être moderne, pour les artistes du XIXe siècle, c'est intensifier son rapport au présent et faire passer l'actualité avant la tradition. Mais c'est aussi répondre à l'industrialisation naissante et à la division du travail, puis à la chaîne de montage de l'usine, modèle de cette chaîne d'images que met en place un nouvel art : le cinéma. Contre la mécanisation générale de la société, une « économie de l'existence » se développe, alternative à celle du monde capitaliste, dans laquelle la « marche improductive » du flâneur baudelairien sera rejointe par les « dérives urbaines », les actions éphémères et les relevés de l'art conceptuel ou du Land art. Ainsi l'art du XXe siècle trouve-t-il ses racines dans cette éthique moderne dont l'impératif serait : « fais de ta vie une œuvre d'art ».
De monument, l'œuvre est devenue événement. Cette modernité prend ses sources dans les performances philosophiques de Diogène, dans l'exemplum des stoïciens, les expériences des alchimistes ou les protocoles ascétiques des dandies anglais. Les racines de l'art contemporain, on les trouve également dans la littérature : chez Balzac, Oscar Wilde, Joubert,
Alfred Jarry ou Huysmans, tout aussi déterminants dans ce livre que les artistes dont l'œuvre se voit ici éclairée par la notion de « forme vécue » – de
Marcel Duchamp à
Sigmar Polke, en passant par
Yves Klein, Joseph Beuys,
Robert Filliou, Jackson Pollock,
Andy Warhol,
Raymond Hains,
Daniel Buren ou
Alighiero Boetti.
Nouvelle édition au format poche révisée par l'auteur de l'ouvrage paru en 2003 aux éditions Denoël (ISBN 978-2-207-25501-8).
Commissaire d'exposition, écrivain, critique d'art et théoricien mondialement connu notamment pour le concept d'
esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud (né en 1965), co-fondateur et co-directeur, avec Jérôme Sans, du
Palais de Tokyo à Paris de 2000 à 2006, co-fondateur des revues
Documents sur l'art (1992-2000) et
Perpendiculaire (1995-1998),
a été conservateur pour l'art contemporain à la Tate Britain, conseiller à l'origine de la Victor Pinchuk Foundation à Kyiv, professeur à l'université de Venise, chef de l'Inspection de la création artistique à la direction générale de la création artistique du ministère de la Culture, directeur de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris. Il a été le fondateur et directeur de Montpellier Contemporain (MoCo), rassemblant le centre d'art
La Panacée, l'École Supérieure des Beaux-Arts et l'Hôtel des Collections. Il a fondé
la coopérative curatoriale
Radicants en 2022.
Parmi les expositions pensées par Nicolas Bourriaud, on peut citer
Le 7ème continent, Biennale d'Istanbul (2019) ;
Crash Test. La Révolution Moléculaire, La Panacée, Montpellier (2018) ;
Retour à Mulholland Drive, La Panacée, Montpellier (2017) ;
Wirikuta, MECA Aguascalientes, Mexique (2016) ;
The Great Acceleration. Art in the Anthropocene, Biennale de Taipei (2014) ;
L'Ange de l'Histoire, Palais des Beaux-Arts, Paris (2013) ;
Monodrome, Biennale d'Athènes (2011) et
Altermodern, Tate Triennale, Londres (2009). Nicolas Bourriaud a également fait partie de l'équipe curatoriale des première et seconde Biennale de Moscou en 2005 et 2007.