Le quatrième et dernier numéro de la revue qui prolonge et élargit les questionnements soulevés par le programme thématique du centre d'art La Criée à Rennes, imaginant avec des artistes, des penseuses et des penseurs, des formes d'adaptations, d'alternatives et de résistances aux diverses crises actuelles, écologiques, postcoloniales, politiques et sociales, s'articule autour de nos liens au passé
Alors que semble s'accélérer toujours et encore la succession des crises – écologiques, géopolitiques, sociétales, etc. –, pour beaucoup d'entre nous il n'est plus possible de rester passifs face à l'effondrement qui vient. Il n'est plus possible de se contenter d'observer, de constater et de trembler.
L'accélération des crises va par ailleurs de pair avec une accélération des rythmes sociétaux et individuels, auxquels il faut se soumettre et s'ajuster en continu.
Dans ce contexte, nombre d'artistes, de penseurs et penseuses réfléchissent à des formes d'adaptations, d'alternatives et de résistances. La Criée centre d'art contemporain accompagne ce mouvement à travers le cycle artistique
Festina Lente (
Hâte-toi lentement), qui se décline en expositions, événements et résidences, ainsi que dans les pages de la présente revue.
Après avoir refusé de désespérer du présent, si difficile puisse-t-il être à vivre, en cherchant des moyens de l'endurer, après avoir interrogé la profondeur et la complexité de nos liens au passé, la revue
Festina Lente propose de (re)penser, dans ce 4ème et dernier numéro, ce que signifie encore aujourd'hui le mot utopie, à travers différents futurs possibles dans lesquels les artistes se et nous projettent. Que ce soit : sur les sols d'un jardin dans le Massachusetts (
Peter Hutchinson,
Gilles A. Tiberghien), d'une forêt bretonne (Léa Muller) ou d'une colline du plateau de Mille Vaches (Le Féral) ; par la fabrique d'espaces communs où produire des nourritures tantôt terrestres tantôt artistiques, toujours politiques (L'école des Mutants, Le Ravitaillement,
Till Roeskens et Anaïs Roesch) ; dans les espaces imaginaires et puissants de la poésie (Olivier Leroi,
Laura Vazquez) ou de la science-fiction (Jonas Staal), les artistes, penseurs et autrices réunis dans ces pages partagent le même horizon d'une communauté terrestre reliée aux sols, aux vivants et aux temps qui passent, tout comme le souhait d'une vie bonne, ici, maintenant et pour demain.
La Criée centre d'art contemporain (Rennes) s'est régulièrement fait l'écho des crises –
écologique, mais aussi
postcoloniale, sociétale, des représentations, etc. – qui rythment et affectent notre présent. Avec
Festina Lente (Hâte-toi lentement), qui prend place à La Criée de septembre 2023 à août 2025, elle poursuit sur ce chemin et imagine avec les artistes des formes d'adaptations, d'alternatives et de résistances.
La revue
Festina Lente vient élargir les points de vue et prolonger les questions soulevées par les expositions et les résidences du cycle artistique. Elle est nourrie par un comité scientifique composé d'artistes et de penseuses et penseurs qui se réunissent régulièrement pour en composer les contenus. Qu'ils soient artistes, chercheuses, philosophes ou paysagistes, ils partagent une même attention au vivant, aux communs et aux histoires humano-terriennes, en même temps qu'ils se distinguent par des approches et des champs de recherche parfois éloignés.
La revue paraît deux fois par an et rassemble des contributions d'auteurs et d'autrices d'horizons et disciplines variés : historiennes de l'art, écrivains, anthropologues, biologistes, etc. Via des études de cas, des textes théoriques, des interventions artistiques, elle permet de poser les questions suivantes : la puissance d'agir de l'art peut-elle aider à repenser et transformer le monde ? Comment et quoi créer dans un monde abîmé aux futurs incertains ?
Directrice de la publication : Sophie Kaplan ; comité éditorial : Euridice Zaituna Kala, Léa Muller, Kantuta Quirós, Evariste Richer et
Gilles A. Tiberghien.