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Fabriquer le regard – Marchands, réseaux et objets d’art africains à l’aube du XXe siècle
Yaëlle Biro [tous les titres]
Les presses du réel – domaine Histoire de l'art [tous les titres] – collection Œuvres en sociétés [tous les titres]
Yaëlle Biro Fabriquer le regard Marchands, réseaux et objets d’art africains à l’aube du XXe siècle
Publié avec la collaboration de Laurence Bertrand Dorléac – Centre d'Histoire de Sciences Po.
paru en septembre 2018
édition française
17 x 24 cm (broché)
408 pages (ill. coul. et n&b)
30.00 €
ISBN : 978-2-84066-283-9
EAN : 9782840662839
en stock
 
Prenant appui sur un ensemble d'archives largement inédites, cet ouvrage se concentre sur le rôle joué par les marchands d'art, au tournant du siècle dernier, dans la définition, la promotion et la circulation d'objets africains en tant qu'œuvres d'art, en Europe et aux États-Unis.
En Occident, le regard esthétisant posé sur les objets venant d'ailleurs n'est ni neutre ni spontané. Pour ce qui est des arts d'Afrique, ce regard construit s'est forgé au début du XXe siècle, dans le contexte d'une Afrique colonisée, par le biais d'actions concrètes et délibérées initiées par un petit groupe d'acteurs, mené par Guillaume Apollinaire : artistes d'avant-garde, critiques, collectionneurs et marchands. Prenant appui sur un ensemble d'archives largement inédites, le présent ouvrage se concentre sur le rôle joué par les marchands d'art au tournant du siècle dernier, dans la définition, la promotion et la circulation d'objets africains en tant qu'œuvres d'art, en Europe et aux États-Unis. Cette fabrique du regard fut activée par un cercle étroit d'individus qui peuvent être considérés comme les principaux protagonistes de la création du marché des arts africains des deux côtés de l'Atlantique avant 1920 : Joseph Brummer, Robert J. Coady, Marius de Zayas, Paul Guillaume et Charles Vignier. Par le choix des œuvres qu'ils opérèrent, les expositions qu'ils organisèrent et les ouvrages qu'ils publièrent, ils furent largement responsables de la construction du « canon » des arts africains, et influencèrent leur perception en Occident jusqu'à ce jour.
Les cas de micro-histoire développés ici prennent en compte acteurs et œuvres, les trajectoires internationales non-linéaires de ces dernières ainsi que leurs modes de représentation complexes. Ils nous permettent de mettre en avant l'existence d'un marché actif et fondateur, et de définir la place de ce commerce comme foyer d'un jugement esthétique embryonnaire. En rétablissant les étapes de sa formation, au croisement de l'histoire des collections, du marché, du goût et de l'histoire coloniale, ce livre propose de réévaluer les concepts utilisés en histoire de l'art depuis des décennies pour appréhender la réception des arts de l'Afrique.
Ouvrage récompensé par le Prix PILAT (Prix International du Livre d'Art Tribal) – Prix spécial du jury 2018.
Yaëlle Biro est conservatrice d'art africain au Metropolitan Museum of Art de New York. Docteure en Histoire de l'Art de l'Université Paris 1 – Sorbonne (2010), et bénéficiaire du prix de thèse du Musée de quai Branly – Jacques Chirac pour ce travail, elle est spécialiste de la réception des arts de l'Afrique en Occident, sujet dont elle explore les multiples facettes par le biais d'expositions, d'articles et de conférences. Au Met, elle fut, entre autre, la commissaire des expositions African Art, New York, and the Avant-Garde (2012) ; In and Out of the Studio : Photographic Portraits from West Africa (2015) ; et The Face of Dynasty : Royal Crests from Western Cameroon (2017).