La pensée de Jacques Rancière a profondément modifié la réflexion contemporaine, en particulier dans sa façon nouvelle d'articuler les rapports entre esthétique et politique. Bien qu'elle ait pris une place grandissante dans son œuvre, à la faveur des derniers livres notamment, la question des images et de leur pouvoirs n'avait pas encore fait l'objet d'une interrogation spécifique. Une conversation, assortie d'une introduction par Andrea Soto Calderón, afin de mieux cerner en quoi les images sont le site d'une reconfiguration des possibles.
Troisième édition (2023).
Andrea Soto Calderón est philosophe, basée à Barcelone, où elle enseigne l'esthétique.
Penseur essentiel de l'émancipation, Jacques Rancière (né en 1940), figure de l'université de Vincennes post-1968 et professeur émérite de philosophie de l'université de Paris 8, est l'auteur d'une l'œuvre qui, entre radicalité politique et expérimentation esthétique, compte parmi les plus importantes de notre temps.
Philosophe de formation, il a depuis son diplôme d'État en 1963 sur l'idée critique chez le jeune Marx et ses travaux sur les archives de l'émancipation ouvrière dans les années 1970, élaboré une œuvre vaste et « indisciplinaire » qui explore l'émancipation, l'égalité et la circulation de savoirs.
Il a publié de nombreux ouvrages sur l'esthétique, la politique et les rapports qui les unissent, parmi lesquels La nuit des prolétaires. Archives du rêve ouvrier (1981), Le maître ignorant. Cinq leçons sur l'émancipation intellectuelle (1987), La Mésentente. Politique et philosophie (1995), Aisthesis. Scènes du régime esthétique de l'art (2011) et Le temps du paysage. Aux origines de la révolution esthétique (2020).