Andrea De Fusco dépeint au Polaroid les traversées en bateau de Naples aux îles Éoliennes, au fil des saisons et des années.
Quiconque s'est rendu aux îles Éoliennes en bateau depuis Naples garde un souvenir très vif, presque cinématographique, de ce voyage : le soleil se couche, les mouettes poursuivent le sillage du bateau, la nuit tombe et tout sens de l'orientation disparaît jusqu'à ce que l'on se retrouve simplement « à bord ». Enfin, à l'aube, le monde extérieur réapparaît peu à peu : les silhouettes de Stromboli et des autres îles Éoliennes émergent du bleu.
Andrea De Fusco dépeint cette traversée non pas comme un simple voyage, mais comme un rituel, un passage entre deux dimensions. Ses Polaroids, pris au cours de différentes traversées, saisons et années, ont perdu leur ordre chronologique d'origine : réorganisés pour suivre la route du navire, au point de créer l'illusion d'un voyage unique, ils sont explorés dans leur dimension physique, parfois agrandis au point de perdre le sujet et de se fondre dans un paysage abstrait. Les images s'entremêlent à des textes de Giacomo De Fusco, des réflexions qui s'interrogent sur ce qu'il reste de l'espace et du temps lorsque tous les repères disparaissent : à bord, entre un port et un autre, le navire est un monde à part entière.
Andrea De Fusco (né en 1990 à Rome) est réalisateur et artiste plasticien. Il a réalisé des documentaires, des films-essais et des œuvres expérimentales, explorant ainsi divers formats et supports. Ses projets sont régulièrement présentés à l'international dans le cadre d'expositions et de festivals.