Troisième tome de la collection « EKES (EarthKeeping EarthShaking) », cet ouvrage collectif (espace de rencontres entre artistes, commissaires d'exposition et experts en sciences humaines et environnementales) propose d'explorer les « vivacités écologiques ».
Après les
écoféminismes (2022) et les
droits de la Terre (2024), le programme de recherche EKES (EarthKeeping EarthShaking) propose d'explorer les « vivacités écologiques », cette qualité du monde que l'on perçoit dans les capacités du vivant à persister et à (ré-)inventer de nouvelles formes de présence malgré les perturbations et crises actuelles. Le végétal s'est imposé comme un fil conducteur essentiel, invitant à envisager une forme de continuité fondée sur le renouvellement, la régénération et la résistance, dans un contexte marqué par l'appauvrissement des écosystèmes et la fragilisation des conditions d'habitabilité. Les vivacités écologiques invitent à porter une attention particulière aux relations interspécifiques, afin de reconnaître que l'expérience humaine est inextricablement liée à une multitude de dynamiques qui traversent les écosystèmes et transforment les milieux. Une telle attention trouve écho dans les pratiques d'artistes contemporain·es qui explorent des modes de connaissance alternatifs afin de rendre sensibles les liens humains-non humains et faire émerger de nouveaux récits. C'est dans cet esprit que ce troisième tome de la collection « EKES (EarthKeeping EarthShaking) » se veut un espace de rencontres entre artistes, commissaires d'exposition et experts en sciences humaines et environnementales – écologue, paysagiste, philosophe, ethnobiologiste ou naturaliste – qui contribuent à une réflexion collective à la recherche de nouveaux moyens et formes de faire monde ensemble.
La collection
EKES (EarthKeeping EarthShaking) en Art et Sciences sociales diffuse les recherches du programme éponyme porté à l'ÉSAD de Reims au sein du master Art depuis septembre 2020.
« EarthKeeping EarthShaking » reprend le titre du 13e numéro du magazine américain
Heresies :
A feminist publication on art and politics. Portée par le Heresies Collective fondé à New York en 1976, l'aventure éditoriale de cette publication durera de 1977 à 1993. Défendant une relation politique et féministe à l'art à travers le prisme de la diversité, on comptait parmi ses membres la critique d'art et commissaire d'exposition Lucy Lippard, les artistes Mary Miss ou Miriam Schapiro, notamment. Intituler aujourd'hui le programme de recherche EKES (
EarthKeeping EarthShaking), c'est poser l'hypothèse d'un renouveau de l'habitabilité du monde du point de vue des artistes dans une perspective convergente de l'histoire politique, des humanités environnementales et de l'histoire de l'art. C'est aussi vouloir interroger un autre rapport au monde vivant, considéré non plus comme un tout mais comme une multitude. Un rapport plus collaboratif que séparatif pour favoriser l'échange, la transmission, l'altérité. À rebours d'un rapport de prédation, de domination et de hiérarchisation, tant sur les ressources naturelles que sur les femmes, le programme de recherche EKES soutient une posture de l'artiste qui n'impose plus une manière de voir, de faire mais qui va revisiter son milieu de vie, à travers son extériorité, son altérité, et son autonomie.
Docteure en esthétique et critique d'art, Rozenn Canevet enseigne la théorie et l'histoire de l'art à l'ÉSAD de Reims où elle dirige les programmes de recherche du master Art. Dans ce contexte, elle signe la direction de l'ouvrage
Artist-Run Spaces. Around and About (Les presses du réel, 2018). À partir de 2020, elle conçoit le programme de recherche EKES (EarthKeeping EarthShaking) sur les écoféminismes, les droits de la Terre et les vivacités écologiques dans l'art contemporain. Elle dirige la collection éponyme en art et sciences sociales EKES (éd. ÉSAD de Reims – Les presses du réel, 2022-2024). Par ailleurs, elle intervient régulièrement à l'École nationale supérieure du paysage de Versailles depuis 2017.