Ce catalogue accompagne « C C », l'exposition de Michael E. Smith dans les espaces souterrains du Palazzo Bentivoglio, à Bologne (du 30 janvier au 26 avril 2026), organisée par Simone Menegoi et Tommaso Pasquali.
Conçu pour la crypte du palais, le projet traite l'architecture, la lumière et les objets comme un seul et même champ instable. Plutôt que d'utiliser l'espace comme un conteneur neutre, Smith travaille avec son obscurité, son irrégularité et sa présence infrastructurelle, produisant une séquence de seuils, de pauses et de zones de visibilité partielle.
Tout au long de l'exposition, des objets trouvés et usés – vêtements, conteneurs, jouets, meubles, équipements sportifs et dispositifs d'éclairage – sont disposés en constellations clairsemées mais chargées. Par substitution, distorsion et figuration caricaturale, ils évoquent le corps humain sans le représenter directement, générant des présences qui oscillent entre le comique et l'étrange. Le son, la lumière et le rythme spatial fonctionnent comme des éléments de composition, donnant à l'installation le caractère d'une partition lente et improvisée. « C C » ne met pas en scène la crise comme une image, mais la suppose comme une condition. Les œuvres apparaissent comme des résidus de la vie quotidienne, entre utilisation et abandon, intimité et aliénation.
Le catalogue rassemble des textes de
Romeo Castellucci, Simone Menegoi et Tommaso Pasquali, accompagnés d'une documentation photographique complète et d'un ensemble important de croquis réalisés par Smith spécialement pour le livre. Ces dessins, considérés par l'artiste comme une forme parallèle de réflexion et de composition, font de cet ouvrage non seulement un compte rendu de l'exposition, mais aussi une extension autonome du projet.
Michael E. Smith (né en 1977 à Detroit) réalise des sculptures à partir de défroques, de déchets et d'autres résidus de notre société de consommation. Il isole les objets, intervient sur leur forme et cherche à éprouver leur pouvoir de suggestion. L'œuvre de Smith semble échapper à toute forme de sublimation. L'attrait pour l'absurde et la tension incertaine provient d'un regard critique étendu sur les défis écologiques, économiques et sociaux de notre société.
Ses dispositifs d'expositions se caractérisent par une dimension chorégraphique importante, prenant la forme de créations conçues in situ qui occupent l'intégralité de l'infrastructure du musée.