Claire Colin-Collin
Claire Colin-Collin (née en 1973 à La-Tronche) conçoit son tableau comme un objet fuyant. Le métier de peindre s'articule alors autour de trois actions fondamentales : faire, défaire, refaire. Les couleurs sur le support dialoguent dans une tension ininterrompue, de toiles en toiles, entre apparitions et disparitions, afin de jouer l'éternel retour de la peinture. L'œuvre se montre dans un mouvement de dépouillement et témoigne d'une durée, d'un geste, d'un passage de la ligne, d'une accumulation de matière. Elle exprime un travail, la vie même de la peinture, simplement.
Son travail s'élabore dans l'écart entre l'apparition et l'enfouissement : « Je cherche à voir se faire quelque chose que mon regard ne connait pas encore, ne sait pas encore comprendre. Le tableau est son propre motif. C'est ce qui est imprévu qui est vital : l'étonnement. Un geste qui échappe et permet une émergence par effraction. Ma peinture se fait par accumulation de couches fines, fluides, l'une disparaissant sous l'autre. Mobilisée par l'absence de sujet autre que sa propre question : la question de son existence, de sa possibilité. La peinture fait disparaître la peinture. Tantôt se voile, tantôt se creuse, elle s'arrête quand il y a peut-être quelque chose à perdre. Oblitération, transparence, résurgence, ruine, entrelacement du dessus et du dessous : qu'est-ce que je veux voir ? ».
Sa peinture se développe habituellement à l'atelier mais se confronte parfois d'une autre façon au mur. Elle exerce parfois une activité de commissariat et d'écriture sur le travail d'autres artistes. Marie Cantos, Barbara Satre, Éric Suchère notamment ont écrit sur le sien.
2026
édition française
Naima
à paraître
Ce premier ouvrage monographique consacré à la peinture de Claire Colin-Collin rend compte de sa recherche depuis la fin des années 1990.