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L’Intelligence de la politique
Sylvain Lazarus [tous les titres]
Al Dante [tous les titres] Théorie & critique / essais [tous les titres]
Sylvain Lazarus L’Intelligence de la politique
Edité par Natacha Michel.
Préface de Natacha Michel.
paru en janvier 2013
édition française
13 x 17 cm (broché)
336 pages
23.00 €
ISBN : 978-2-84761-810-5
EAN : 9782847618105
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Ce recueil présente une sélection de textes de l'anthropologue et sociologue français, des années 1970 à nos jours. L'auteur y pense le politique à partir de sa propre expérience de militant, et propose une réflexion sur la séquentialisation du phénomène politique, rejetant les tentatives d'approches par les sciences humaines pour promouvoir une « politique en intériorité ».
« Je vais ici parler en mon nom. L'auteur de ce livre est un militant – pour autant ce n'est pas un livre militant ni l'histoire d'une organisation. C'est un ouvrage sur la politique dont l'enjeu est de penser la politique à partir d'elle-même. Ma thèse est qu'elle relève d'une pensée propre, singulière en chaque séquence. Car, selon moi, la politique n'est pas de tout temps et en tous lieux, elle est rare, elle est séquentielle – elle commence et elle cesse : il y a des modes historiques de la politique. Durant une séquence la politique invente ses propres catégories, lesquelles entrent en péremption quand la séquence s'achève.
Penser la politique à partir d'elle-même, c'est réfuter drastiquement les tentatives de la réfléchir à partir de la philosophie, de l'histoire ou de l'économie. Ce qui la corrompt, l'annule ou la coprésente au travers de divers invariants.
Que ce soit le livre d'un militant, dont l'itinéraire commence en 1966, consiste à prendre absolument en compte l'expérience et à tenir pour conclusifs ses succès comme ses échecs. Ce qui me porte à déclarer la péremption de la catégorie de communisme comme processus réel – le dépérissement de l'État n'a jamais eu lieu –, celle de la forme parti, forme finalement étatique, à réserver l'usage et le sens du mot de révolution à la seule séquence de la Révolution française, enfin à clore la vision léniniste de la conscience à partir d'une politique du pur subjectif. D'un militant aussi, que le faire de la politique dépende des formes de la subjectivité des gens, et tout aussi bien les formes d'organisation, ce que j'ai appelé une politique du point des gens et à distance de l'État.
Si je devais ponctuer ici mon itinéraire, tel que ce livre le présente – du léninisme-maoïsme à la politique en intériorité – ce serait par un souhait. Puisse cet ouvrage devenir un adossement pour des enjeux considérables : constituer aujourd'hui une puissance nouvelle des gens et, à partir de cette subjectivité nouvelle, ouvrir à l'identification des formes récentes de l'État : État de décision pure et, en France, État séparé, menant à des prescriptions permettant d'y faire face. »
Sylvain Lazarus
Sylvain Lazarus (né en 1943) est un sociologue et anthropologue français. Dès les années 1960, il est très actif sur le terrain du militantisme, tout d'abord comme membre de l'UJCML, puis de la Gauche prolétarienne, et de l'UCFML. En 1985, il fonde avec Alain Badiou et Natacha Michel L'Organisation politique, avec comme moteur principale la volonté d'expérimenter une autre façon de faire de la politique, qui pourrait se définir comme une manière pratique de faire valoir une politique du point de vue des gens – donc, en dehors des partis et du tissu associatif. L'Organisation politique s'est auto-dissoute en 2007. Il fonde en 2008, avec l'anthropologue Alain Bertho, L'Observatoire international des banlieues et des périphéries, et mène des enquêtes au Brésil et au Sénégal.