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Magazine de Charme
Patrick Weidmann [tous les titres]
Centre de la photographie Genève [tous les titres]
Patrick Weidmann Magazine de Charme
Edité par Patrick Weidmann et Nicolas Robel.

Conception graphique : B.ü.L.b grafix et Nicolas Robel.
paru en octobre 2015
sans texte
21 x 28,7 cm (broché)
32 pages (ill. coul.)
9.00 €
ISBN : 978-2-9701014-1-3
EAN : 9782970101413
en stock
 
En s'adonnant au froissement de photographies issues de l'âge d'or du magazine pornographique, Patrick Weidmann défait le signifiant conservateur propre à ces productions dans le but de recomposer une esthétique sous-jacente, un envers du désir.
Le magazine de charme a connu son apogée au cours des années soixante-dix avant de sombrer dans l'obsolescence. Son érotique a subi un sort comparable. Aujourd'hui décalé, l'objet peut aisément s'exposer à une réappropriation en faisant valoir des qualités matérielles et sémantiques indéniables : consumérisme triomphant, iconographie libérée mais bien pensante, sexe « straight » confiant dans l'avenir et comme figé dans une posture unique sans issue ni déviance. Clichés, stéréotypes et poncifs alimentent ce symbole d'une époque. Le photographe Patrick Weidmann s'adonne à une destitution systématique de l'objet et son contenu en le livrant à la distorsion, au froissement et à la saleté imprégnée en surface. Paradoxalement il cherche surtout à en restituer la beauté furtive et l'intemporalité factice. Mais cette opération de « chirurgie inesthétique » n'est peut-être qu'un envers du désir, sous réserve d'une prime à la casse. La série de « Magazine de Charme » avait été présentée pour la première fois en 2006 dans l'exposition collective et thématique PHOTO-TRAFIC et le Centre de la photographie Genève (CPG) avait consacré une exposition individuelle à Patrick Weidmann en 2012, lors de la parution de sa première monographie chez JRP|Ringier (Zurich), dans laquelle figurait aussi un essai de Joerg Bader, directeur du CPG.
Né en 1958, Patrick Weidmann, artiste photographe et écrivain, vit et travaille à Genève. Après avoir fondé, à vingt ans, une maison d'édition, édité ses poésies et écrit quelques temps sur l'art (dans La Tribune de Genève et Flash Art), il oriente son travail pictural, au début des années 1980, vers une abstraction « étendue » qui phagocyte délibérément les sémantiques de l'histoire récente, puis développe vers 1985 une hybridation esthétique en introduisant dans des « dispositifs spatiaux » des photographies sur toile et divers objets industriels ou de consommation. Il poursuit parallèlement ses activités d'écriture en publiant son premier roman (Cosmétiques) et réalise plusieurs courts métrages. Il entame dans les années 1990 une période de décontruction expérimentale de son propre travail, parfois mis en pièces et auquel il incorpore d'autres images re-photographiées et des éléments renvoyant à la culture populaire, avant de faire le choix de la photographie comme médium exclusif.
Il publie en 1997 Happy Ends (Idéal), sorte de « condensé d'énergie littéraire ». Il synchronise alors ses activités d'écriture et de photographie. Ses images mettent en scène des objets de désir et de consommation saisis dans les salons de l'automobile, des aéroports, des casinos, des métros et des galeries marchandes, dans des lieux de concentrations humaines supposées glamour, mais aussi dans leurs non-lieux connexes, aménagés en espaces de transit ou d'amnésie. Des images à la plastique presque irréelle qui renvoient d'autant mieux, en multipliant les jeux de miroir, à un monde concret où l'impérialisme de la vitesse, du confort et de la séduction se traduit dans la forme et la matière des objets.
Patrick Weidmann poursuit ses propositions fictionnelles avec trois livres publiés depuis 2000 (Nec plus ultra, Dasein, Bimboplastie, JRP|Ringier et Poupées mortes, Dasein).