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Sept à sept
Franck Scurti [tous les titres]
Jannink [tous les titres] L'art en écrit [tous les titres]
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extrait
 
pp. 6-8


L’idée est de réaliser sept entretiens au rythme d’un rendez-vous par jour pendant une semaine. Parler de mon actualité, de la façon dont je travaille mais aussi des expos que l’on va aller voir ensemble. Ce qui me plaît dans l’organisation de ce laps de temps, c’est que la pensée y soit en mouvement, que les mots soient souples et bougent. Les choses sont dites et peuvent très bien être contredites plus tard, c’est un moment de vie. Plutôt que de sortir de grandes théories, c’est plus une voix, une parole, que j’essaie de proposer. En ce moment, je me sens un peu dans un moment de transition. L’expo que j’ai faite chez Anne de Villepoix s’en ressent pour ceux qui me connaissent, et j’aimerais qu’on soit dans cette humeur-là, que le livre soit dans le même ton. Le ton de la transition, du doute…
J’écris de temps en temps… surtout des textes sur mon travail ou sur la situation de l’art, sur d’autres travaux aussi… J’ai écrit, par exemple, un texte sur Alain Séchas, car j’apprécie son œuvre.
Je voudrais donner à ce livre un peu la même identité visuelle que celle de l’exposition que je suis en train de montrer à la galerie. Lorsque je fais une exposition personnelle, j’essaie de lui imprimer une image, une identité, de la même façon que dans la société de consommation, quand on vend un produit, on lui donne une image, on lui crée une identité visuelle. Il s’agit aussi de mettre mon travail en corrélation avec le monde. Lors de ma dernière exposition à la galerie, en 2002, « Tractatus Logico- Economicus », j’avais écrit pour la revue Trouble un texte intitulé « Conditions de l’artiste à l’ère du Mc world » ; il pouvait être lu en complément de l’exposition ou plutôt comme la toile de fond de cet événement. Celui qui fait des choses doit aussi pouvoir en parler, spéculer sur la façon dont son œuvre s’inscrit dans le monde.
Il est vital pour un artiste de pouvoir s’exprimer. Dans le milieu de l’art, comme dans beaucoup d’autres, on parle beaucoup, mais on ne se dit pas grand-chose. C’est mondain. Alors j’essaie de jouer le jeu car je suis farouchement pour l’autorité de l’artiste, pour la parole de l’artiste et cela, à un moment où justement je trouve qu’elle n’existe plus. On ne l’entend plus.
 
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