flux RSS (nouvelles parutions)
 



version française / english version
Initiales n° 03 – Initiales M.D. (+ DVD)
Marguerite Duras [tous les titres]
Initiales [tous les numéros]
Marguerite Duras Initiales Initiales M.D. (+ DVD)
Contributions de Lena Araguas, Sophie Bogaert, Marie de Brugerolle, Pascale Cassagnau, Alejandro Cesarco, Jean Cléder, Thomas Clerc, Susan D. Cohen, Isabelle Cornaro, Julien Creuzet & Ana Vaz, Marcelline Delbecq, David Dubois, Camille Gautier & Lou Svahn, Yoann Gourmel & Élodie Royer, Benoit Jacquot, Béatrice Josse, Nelly Monnier, Claire Moulène, Gilles Philippe, Georgia René-Worms, Lili Reynaud-Dewar, Jimmy Robert, Bernhard Rüdiger, Vassilis Salpistis & Marie Voignier, Emmanuel Tibloux, Thu Van Tran, Enrique Vila-Matas, Gérard Wajcman.

Coordination graphique : Olivier Lebrun.
paru en janvier 2014
édition française
22,5 x 30 cm (broché)
128 pages (ill.)
ISBN : 978-2-915213-21-8
EAN : 9782915213218
épuisé
 
À l'occasion du centenaire de la naissance de Marguerite Duras, portrait bipolaire d'une artiste intégrale qui réinventa la cartographie artistique et fit coulisser le théâtre sous le cinéma, le cinéma sous la littérature, la littérature sous le journalisme, le journalisme sous les engagements militants et ainsi de suite (inclus, le film L'Amant ou le fantasme d'un film, entretien entre Claude Berri et Marguerite Duras).
Défamiliariser le quotidien, apprivoiser le lointain. C'est ce va-et-vient permanent que cultive si bien Marguerite Duras qui dessine aujourd'hui l'épine dorsale de ce troisième numéro d'Initiales. Un numéro bipolaire donc, et un cahier bonus où sont consignés des documents exceptionnels : un entretien inédit datant de l'été 1982 ; des souvenirs de tournage de Benoît Jacquot ou un entretien avec Gilles Philippe en charge des quatre opus de la Pléiade consacrés à Marguerite Duras. Et au passage, le décryptage du mode opératoire de Marguerite Duras qui fait glisser le théâtre sous le cinéma, le cinéma sous la littérature, la littérature sous le journalisme, le journalisme sous les engagements militants et ainsi de suite. Car, c'est sans doute cette cartographie imaginaire, débridée, qui fait aujourd'hui de Duras, alors que nous fêtons le centenaire de sa naissance, une figure plus contemporaine que jamais. Une figure qui parle aux auteurs (d'Enrique Vila-Matas à Thomas Clerc) et aux nombreux artistes réunis dans ce numéro. Ceux dont nous savions déjà que Duras hantait leurs tiroirs et leur mémoire (Jimmy Robert, Marcelline Delbecq, Alejandro Cesarco, Thu Van Tran) et d'autres que nous sommes allés chercher parce qu'à un endroit précis, à un moment donné, leur travail et leurs méthodes croisent Duras : Isabelle Cornaro, Ana Vaz et Julien Creuzet, Marie Voignier et Vassilis Salpistis ou Lili Reynaud-Dewar.

Résultat d'un montage unique réalisé par Gregory Engler, sur la base d'un choix d'une cinquantaine de minutes effectué par Sophie Bogaert et Olivier Corpet à partir de plusieurs heures d'enregistrements datant du mois d'août 1987, le film Marguerite Duras et Claude Berri en 1987 : L'amant, ou le fantasme d'un film (production IMEC), sur le DVD inclus, n'a pour l'heure été diffusé que deux fois auprès d'un public très restreint de spécialistes de Duras. Cet enregistrement a eu lieu dans les studios de Claude Berri (Renn Productions), au moment où le producteur envisageait de tourner une adaptation du livre de Marguerite Duras L'Amant, qui avait remporté le prix Goncourt trois ans plus tôt. Marguerite Duras, avertie de cette intention, s'enthousiasma pour le projet et convint avec Claude Berri que la base de l'adaptation serait la lecture, par l'auteur elle-même, de passages de son livre. Comme on sait, le projet n'aboutira pas sous la forme envisagée : ce sera, plus tard, Jean-Jacques Annaud qui réalisera le film, mais sans la participation de Marguerite Duras. Ce document inédit est pourtant, à bien des égards, d'un intérêt exceptionnel : au fur et à mesure il apparaît de plus en plus évident que le film qu'elle imagine n'a rien à voir avec celui auquel songe de son coté Claude Berri : c'est toute sa conception du cinéma expérimental qui se fait jour.
Deux fois par ans, Initiales, revue produite et éditée par l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) de Lyon, esquisse les contours d'une galerie de « portraits en creux » en s'organisant autour de « figures-source », existantes ou fictives. Des figures d'artistes, philosophes, écrivains, architectes ou cinéastes dont le dénominateur commun est qu'elles ont « fait école » dans leur discipline et au-delà, dans les champs qu'elles ont investis ou traversés. L'œuvre, la pensée mais plus encore les méthodes déployées, les pistes explorées (et parfois avortées) ou les réseaux créés par cette figure de référence servent de sous-texte ou de script à chacune des livraisons. 
Réunissant, à partir d'une même figure, une série de contributions centrifuges, Initiales met ainsi en jeu un usage de la source et une expérience du temps qui ne sont ni ceux de l'historien ni ceux du scientifique, mais qui sont à l'œuvre dans le travail de l'art et qui sont au cœur de la réflexion menée depuis 2004 par le groupe de recherche ACTH (Art contemporain et temps de l'histoire) de l'ENSBA Lyon.
Revue de recherche et de création, Initiales fait le pari qu'une école d'art est aujourd'hui l'un des lieux les plus aptes à produire et organiser des formes et des pensées nouvelles, susceptibles de venir nourrir le débat et élargir le champ de l'art et de la pensée. A cet égard, c'est une revue d'école, mais dans l'exacte mesure où l'école est un lieu de passage, de rencontre et de collaboration avec de multiples acteurs qui lui sont aussi extérieurs. Initiales rejoue ainsi en son sein l'hospitalité essentielle et féconde des écoles d'art et s'adresse aussi bien au champ de l'art contemporain et de la création d'aujourd'hui qu'au monde de l'enseignement et de la recherche – et plus largement à toute personne curieuse des opérations à l'œuvre dans la création, la pensée et la culture.
Directeur de la publication et de la rédaction : Emmanuel Tibloux ; rédactrice en chef : Claire Moulène.
Voir aussi Pascale Cassagnau : Intempestif, Indépendant, Fragile – Marguerite Duras et le Cinéma d'art contemporain (livre numérique).