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Aménagements successifs du noir

Sladjana Stankovic - Aménagements successifs du noir
Sladjana Stankovic, photographe d'origine serbe qui travaille en argentique et principalement le noir et blanc, signe un livre en forme de retour à sa ville natale (une série d'images de paysages urbains réalisées à Belgrade entre 2012 et 2015) et d'état des lieux de la Serbie d'aujourd'hui, avec une nouvelle inédite de Sylvain Prudhomme.
« Ces photos ont été prises à Belgrade ces dernières années. Belgrade, autrement dit “la ville blanche”, la capitale du pays que j'ai quitté il y a quinze ans, écœurée par la violence des années quatre-vingt-dix qui n'en finissait pas. Belgrade, où je suis revenue un peu par hasard, un peu par envie, entremêlés d'espoirs et d'appréhensions. J'ai eu besoin de marcher, marcher, arpenter, observer. Comme pour confronter des peurs. Je suis partie à la recherche de quelque chose sans savoir de quoi ; des endroits que je connaissais, des preuves que j'ai vraiment existé et vécu une grande partie de ma vie ici. Les souvenirs lourds. Enfermés dans les confins de mon être pour ne pas faire de mal…qui maintenant réclament de sortir. Et je photographie pour les placer sur le papier, je me libère. Et voilà ces images gorgées d'encre noire. »
Sladjana Stankovic

Une année après son retour à Belgrade, Sladjana Stankovic rencontre l'écrivain Sylvain Prudhomme (Prix Femina 2019) qui regarde ses photos, elles lui parlent, l'attirent. Il écrit une nouvelle et la nomme Aménagements successifs du noir.

« Je peux essayer. Je peux tenter d'écrire le souvenir que je garde des deux semaines où j'ai côtoyé S., partagé ses promenades, son intranquillité, ses longs moments d'affût nocturne aux carrefours, seule, les boulevards alentour déserts, les trottoirs luisants sous les réverbères.
J'ignore où elle vit aujourd'hui. J'ignore si elle vit toujours. Elle était en bonne santé. Elle n'était pas âgée. Il n'y a pas de raison qu'elle ne continue pas de vivre quelque part.
Je l'ai rencontrée dans un parc, un matin. C'était peu de temps après la fin de la guerre. Les immeubles étaient fatigués. Les trous des bombes béaient.
Nous étions nombreux à revenir. La ville avait été mise à terre. La ville se relevait. Avec fièvre elle renaissait, vibrait, voulait recommencer à vivre. »
Sylvain Prudhomme
Ecrivain français, Sylvain Prudhomme est le lauréat du Prix Femina 2019.
Née en 1966 à Trstenik en ex-Yougoslavie, la photographe Sladjana Stankovic vit et travaille entre Belgrade et Paris depuis 2002. Ses pas et ses projets l'ont conduit régulièrement à la recherche d'une autre réalité humaine des Balkans d'aujourd'hui. Témoin des guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie, elle choisit en 2002 de « fuir le noir », l'absence de changement après la chute de Milošević ayant raison de son optimisme. Le projet « Aménagements successifs du noir », mené en collaboration avec l'écrivain Sylvain Prudhomme, lui a permis d'explorer le sujet plus intime de son rapport à Belgrade, alors qu'elle y revient, en 2011, avec le recul de l'exil.
Texte de Sylvain Prudhomme.

Conception graphique : Joanna Starck.
 
2020 (parution prévue au 2e trimestre)
édition française
16,5 x 24 cm
48 pages (20 ill. n&b)
 
28.00
 
ISBN : 979-10-97416-18-8
EAN : 9791097416188
 
à paraître
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