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Réceptions de Courbet – Fantasmes réalistes et paradoxes de la démocratie (1848-1871)
Thomas Schlesser [tous les titres]
Les presses du réel – domaine Histoire de l'art [tous les titres] – collection Œuvres en sociétés [tous les titres]
Thomas Schlesser Réceptions de Courbet Fantasmes réalistes et paradoxes de la démocratie (1848-1871)
Publié avec le Centre d'histoire de Sciences Po.
paru en octobre 2007
édition française
17 x 20 cm (broché)
384 pages (28 ill. n&b)
24.00 €
ISBN : 978-2-84066-204-4
EAN : 9782840662044
en stock
 
Un essai pour décrypter le mythe et les fantasmes socio-politiques entourant l’œuvre et la vie de Courbet sous le Second Empire, en les resituant dans le contexte des conflits d'opinion de l'époque.
De Gustave Courbet, on fixa fort tôt des images en pagaille : le démocrate rouge de la Commune, l’amoureux de la nature, le paysan foulant Paris de ses sabots, le bohème alcoolique… On affecta surtout à son style dit « réaliste » de saisissantes vertus et des dangers potentiels qui émanaient d’aspirations socio-politiques antagonistes. Pourtant, dans ce concert dissonant – dont on doit les plus fameux morceaux de partition à Baudelaire, Bruyas, Castagnary, Cham, Champfleury, Gautier, Planche, Proudhon, Sabatier-Ungher ou Zola –, il y avait la projection d’une obsession commune. Cette peinture éprise de mimesis, excluant l’imagination, assujettie à une pure représentation de l’univers sensible, pouvait, comme le miroir des frères Grimm, dire son mot sur le monde et aiguillonner son cours : l’harmoniser ou le désunir, le soigner ou l’achever, lui promettre l’avenir ou le promettre au passé... Cette esthétique qui semblait prendre acte de la réalité était en réalité une esthétique en actes.
Ce livre décrypte la généalogie d’un mythe de l’histoire de l’art, dont le début du XXIe siècle n’est pas encore revenu. Il relève certaines des facultés fantasmatiques prêtées aux productions de Courbet sous le Second Empire pour révéler la nature d’attentes collectives. Plus encore, le présent essai tempère l’idée selon laquelle l’œuvre et la vie de Courbet seraient dépositaires d’une dimension démocratique. Si cette dernière existe, elle procède davantage des conflits d’opinion que provoquait un art à la fois puissamment matériel et inintelligible parmi des contemporains à l’affût du moindre espace d’expression.
Voir aussi Gustave Courbet.
Historien de l'art, directeur de la Fondation Hartung-Bergman, journaliste, enseignant et commissaire d'exposition, Thomas Schlesser a signé de nombreux travaux sur les rapports entre les champs esthétique (arts visuels, littérature, cultures de masse…) et politique. Il a publié plusieurs ouvrages sur Gustave Courbet, dont sa thèse : Réceptions de Courbet – Fantasmes réalistes et paradoxes de la démocratie (1848-1871) (Les presses du réel, 2007).
Thomas Schlesser est l'auteur de la préface de l'ouvrage de référence Une image du peuple - Gustave Courbet et la révolution de 1848 de T. J. Clark, réédité aux Presses du réel en 2007, ainsi que d'un essai sur Sophie Ristelhueber (Les presses du réel, 2009).