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Des damné(e)s de l’Histoire – Les arts visuels face à la guerre d’Algérie
Émilie Goudal [tous les titres]
Les presses du réel – domaine Histoire de l'art [tous les titres] – collection Œuvres en sociétés [tous les titres]
Émilie Goudal Des damné(e)s de l’Histoire Les arts visuels face à la guerre d’Algérie
Préface de Daho Djerbal.

Publié avec la collaboration de Laurence Bertrand Dorléac – Centre d'Histoire de Sciences Po – et le concours de la Fondation de France.
parution prévue en 2019
édition française
17 x 24 cm (broché)
ISBN : 978-2-84066-858-9
EAN : 9782840668589
à paraître
 
Un regard critique sur la place et les enjeux des représentations de la guerre d'indépendance dans la construction contemporaine de la scène artistique française et algérienne.
Entre 1954 et 1962, la guerre d'indépendance ou d'Algérie, selon que l'on se place du côté de la victoire ou de la défaite, marque durablement plusieurs générations d'artistes internationaux, tout en traversant et bousculant des questionnements esthétiques quant à la représentation de l'innommée. Cet ouvrage, qui récolte les traces de cette déchirure franco-algérienne au travers du prisme de l'art, révèle l'importance d'un sujet historique, ignoré par l'histoire de l'art, dont les répercussions sur la politique contemporaine de la France sont encore perceptibles. Terreau d'une génération d'artistes en devenir, qui confortera son engagement social et artistique dans les événements de Mai 68, mais aussi d'artistes de l'hybridité postcoloniale, qui revendiquent une modernité non hiérarchisée et l'écriture d'une histoire du non-dit, la guerre d'Algérie revêt des enjeux fondamentaux dans la construction contemporaine de la scène artistique française et algérienne. Or, alors que la proscription historique d'une cinquantaine d'années est maintenant révolue, il semble que les conflits mémoriaux inhérents à cette défaite française continuent à entraver l'écriture et l'exposition sereines d'une séquence historique, qui apparaît pourtant matricielle dans la construction de la France contemporaine. Aussi, cette étude se propose de porter un regard critique sur la place des représentations de cette « non-histoire » dans les institutions muséales françaises et tente alors de mesurer l'impact d'une histoire encore non consensuelle dans la création artistique actuelle, aujourd'hui percutée par des enjeux de mémoire et politique, et qui de fait interroge la notion même d'identité(s) et d'« intégration ».
Historienne de l'art, Emilie Goudal est chercheure associée au Centre Norbert Elias (CNRS/EHESS) et membre du collectif Globalisation, Art et Prospective (GAP-INHA). Ses travaux s'intéressent aux interpénétrations entre art, socio-histoire, politique et enjeux de mémoire(s) depuis le contexte de la décolonisation. Boursière du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes à l'Institut de Recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) à Tunis pendant son doctorat, elle a été boursière postdoctorale au Centre allemand d'histoire de l'art de Paris et lauréate de la bourse Gerda Henkel Stiftung/LabexMed  à Marseille.