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2017
Julien Blaine [tous les titres]
Les presses du réel – domaine Littérature [tous les titres] – collection Al Dante [tous les titres]
Julien Blaine 2017
paru en avril 2018
édition française
16 x 24 cm (broché)
256 pages (ill. coul. et n&b)
30.00 €
ISBN : 978-2-84066-998-2
EAN : 9782840669982
en stock
 
Le nouveau « Biennale-Bouquin » (BB) de Julien Blaine, recueil de poésies lyriques et épiques, d'expérimentations visuelles et typographiques, de traductions de gravures préhistoriques, de témoignages sur des performances et déclarations, de carnets de voyages, etc.
Très cher lecteur,
Imagine que ce livre soit un livre « normal » un livre qui ne comporterait que des caractères typographiques, lettres et ponctuations d'une seule police.
De ces livres que l'on trouve dans les bonnes librairies et chez les excellents éditeurs, de ces livres qui empilent une succession de rectangle gris, de ces livres écrit à la queue leu leu par des auteurs de best-sellers ou des auteurs primés ou mieux par des auteurs estimés...
Tu vois ce que j'essaie de te décrire : ces livres ordonnés qui physiquement, plastiquement sont tous semblables. Mais ils essaient de ne pas raconter pareil – dit-on – soit !
Mais que ce soit Da Vinci Code ou Le bavard, ils sont de la même espèce.

Alors cher lecteur,
Voilà ce que je souhaiterai (daignera tu me donner satisfaction ? Je l'espère sincèrement !) :
Estime le temps nécessaire que tu mets à lire une page d'un livre normal en corps 9 et reste sur mes pages qui sont si peu équipées en caractères et si maigrichonnes en nombre de mots par phrase, un temps identique.
Tu devrais alors pouvoir mieux me lire et passer un temps personnel, le tien, pas celui de l'auteur à nous relire, c'est à dire nous relier...
Dès le début des années 1960, Julien Blaine (né en 1942, à Rognac, vit et travaille à Marseille) propose une poésie sémiotique qui, au-delà du mot et de la lettre, se construit à partir de signes de toutes natures. Forcément multiple, il se situe à la fois dans une lignée post-concrète (par son travail de multiplication des champs sémantiques, en faisant se côtoyer dans un même espace des signes – textuels, visuels, objectals – d'horizons différents) et post-fluxus (dans cette attitude d'une poésie comportementale, où est expérimentée à chaque instant la poésie comme partie intégrante du vécu). Mais avant tout, la poésie s'expérimente physiquement : elle est, d'évidence, performative. Ses performances sont nombreuses, qui parfois le mettent physiquement en péril (Chute, en 1983, où il se jette du haut des escaliers de la gare Saint-Charles à Marseille : violence de cette dégringolade incontrôlable, et la réception, brutale, au sol, quelques centaines de marches plus bas… puis Julien Blaine met son doigt sur la bouche et, sous l'œil d'une caméra complice cachée parmi les badauds médusés, murmure : « chuuuuut ! »). Mise en danger du corps, et mise en danger du poète, qui toujours oscille entre grotesque et tragique, dans une posture des plus fragile, car « le poète aujourd'hui est ridicule ». Performances, livres, affiches, disques, tract, mail-art, objets, films, revues, journaux… sa production est multiple, mêlant éphémère et durable, friable et solide. Pas un outil, un médium qui ne lui échappe. Mais rien qui ne soit achevé, arrêté. Car pour Julien Blaine la poésie est élémentaire, tout ce qu'il produit est fragment, indice d'un travail toujours en cours, document d'un chantier poétique à chaque instant renouvelé. Tous ces « résidus » doivent être lus en soi et en regard de ce qui nous entoure.

Voir aussi Julien Blaine, Bernard Heidsieck & Jean-Jacques Lebel.