flux RSS (nouvelles parutions)
 



version française / english version
Divided we stand, together we fall
Sophie Nys [tous les titres]
(SIC) [tous les titres] Soft Alphabet [tous les titres]
Sophie Nys Divided we stand, together we fall
Texte de Leila Peacock.
paru en décembre 2017
édition anglaise
17 x 24 cm (relié)
184 pages (ill. coul.)
20.00 €
ISBN : 978-2-93066-716-4
EAN : 9782930667164
en stock
 
Réalisé par l'artiste belge Sophie Nys durant la période où elle habita à Zurich, ce livre d'artiste présente un ensemble de photographies montrant chacune des fontaines modernistes produites par le designer Alfred Aebersold dans les années 1970 et disséminées à travers la ville suisse. Les images sont agrémentées de légendes drôles et subtiles, rédigées par l'artiste d'origine écossaise habitant à Zurich Leila Peacock.
En 1973 Alfred Aebersold remportait le concours organisé par le Service d'approvisionnement en eau de la ville de Zurich afin de concevoir une fontaine. Celle-ci allait être la partie visible d'un vaste système sécurisé et indépendant comprenant à ce jour plus de 80 fontaines identiques distribuées sur le territoire de la ville. Le contexte était celui de la guerre froide. La menace, invisible mais permanente, était celle d'une contamination du réseau public d'approvisionnement d'eau par un agent extérieur. Le travail d'Aebersold, formé à l'architecture d'intérieur et ayant fondé en 1961 avec Jörg Hamburger et Herbert Merz le studio Gruppe 3, était représentatif d'un design suisse poursuivant le langage de Max Bill. Conçue dans les années 1970 mais rappelant par son vocabulaire formelle un langage sculpturale moderniste, stable, rassurant, par l'organicité et la solidité des formes, cette fontaine se présente comme un paradoxe historique. Mais elle se présente également comme un symptôme visuel, inscrit à même l'espace public, d'une nécessité de défense continue. Le contexte change mais la menace persiste. Et la fontaine, masquant dans la fonctionnalité de ses entrailles sa raison d'être – selon un modus operandi duchampien, masquant et différant le sens que l'on pourrait assigner aux formes –, fait perpétuellement jaillir la pureté de son liquide.
Sophie Nys (née en 1974 à Anvers, vit et travaille à Bruxelles) s'intéresse à l'Histoire : histoire de l'art, histoire de la philosophie, histoire des grandes figures dictatoriales ou encore histoire des pratiques de tortures moyenâgeuses. Cet éclectisme de centres d'intérêt autour de la pratique historique se retrouve dans l'œuvre de l'artiste sous la forme de déclinaisons et de variations thématiques. Ainsi lorsque Sophie Nys s'intéresse au terme « pilori », celui-ci revêt aussi bien une recherches documentaires photographiques de l'objet destiné, au Moyen Âge, à exposer publiquement un condamné, qu'une utilisation du journal antisémite Au Pilori, tristement célèbre durant la Seconde Guerre mondiale. Ce jeu de pas de côté, glissement de l'objet au mot lui-même reflète finalement la pratique elle-même de l'artiste. Si celle-ci s'articule, en amont de l'œuvre, autour d'un travail d'investigation et de documentation, l'artiste parcourt l'Histoire de manière transversale, à la recherche du grain de sable qui pourrait enrayer la fluidité historique. Ainsi lorsque Sophie Nys part sur les traces de Lénine dans sa vidéo Lénine en pensant, elle exprime plus le côté caricatural de la figure du politicien, qu'une analyse objective et distancée du communisme russe. L'artiste tisse autour de sujets chargés d'un poids historique parfois douloureux, des interprétations prenant des formes variées dont l'humour n'en ait pas pour autant absent.