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Transphère n° 03 – Émotions de croire
Rei Naito [tous les titres]
Les presses du réel – domaine Art contemporain [tous les titres] – collection Monographies [tous les titres]
Rei Naito Transphère Émotions de croire
Textes de Tsutomu Sugiura, Aomi Okabe, Bernard Blistène, Naoya Hatakeyama.

Publié avec la Maison de la culture du Japon à Paris.
paru en mars 2017
édition bilingue (français / anglais)
21 x 29,7 cm (broché)
56 pages (ill. coul.)
10.00 €
ISBN : 978-2-84066-949-4
EAN : 9782840669494
en stock
 
Le troisième catalogue publié dans le cadre du programme « Transphère », ouvrant le champ aux imaginaires d'artistes émergents et de talents confirmés originaires du Japon, présente une œuvre de Rei Naito, artiste rare en France qui s'est forgée une réputation internationale avec ses créations minimalistes et conceptuelles. L'installation Émotions de croire offre une réflexion sensible autour de la bombe atomique, transformant l'espace d'exposition en lieu de recueillement et d'espoir.
C'est à Hiroshima, sa ville natale, que Rei Naito présente en 2013 la première de ses œuvres s'inscrivant dans une réflexion sur la bombe atomique. Intitulée tama / anima (please breathe life into me), elle représente un espace pour les morts et les vivants.
Pour le 3e volet de « Transphère » – cycle d'expositions consacré à la création contemporaine japonaise – l'artiste réactualise cette installation en proposant une œuvre épurée propice au recueillement. Sur un socle sont disposés des flacons irradiés, fondus, témoins de la catastrophe de Hiroshima et de ses conséquences. De petites sculptures de forme humaine, intitulées « humain », sont placées aux côtés de ces flacons. Leur présence est un symbole d'espérance. Ces artefacts ne cachent pas leur fragilité, soulignant celle de l'existence, et composent un nouveau lieu de mémoire. Exprimant l'inexprimable, l'œuvre de Rei Naito invite à la contemplation.
Rei Naito fait partie de ces artistes qui, depuis le séisme du 11 mars 2011 et l'accident nucléaire de Fukushima, ont grandement changé leur manière d'appréhender leur travail. Dès ses débuts, elle n'a eu de cesse de s'observer elle-même et de réfléchir à la condition humaine comme en témoigne Une place sur Terre, installation qu'elle a présentée à la Biennale de Venise en 1997 : une sorte de tente dans laquelle ne pouvait pénétrer qu'un visiteur à la fois et contempler, dans une grande quiétude, les petits objets fragiles qui y étaient disposés. Enfouie en elle durant de longues années, la catastrophe de Hiroshima a ressurgi à sa conscience après l'onde de choc du tremblement de terre et du tsunami survenus au Japon en 2011, quand le problème de l'irradiation s'est peu à peu fait jour. Rei Naito a alors enrichi sa réflexion en prenant en compte le devenir du monde et du genre humain.
Parmi les œuvres de Rei Naito que l'on peut admirer au Japon, deux installations permanentes sont présentées à Naoshima et à Teshima, des îles de la mer intérieure de Seto. Matrix, exposée par le Musée d'art de Teshima, est un étonnant édifice de béton percé de deux alvéoles à travers lesquelles pluie, rayons du soleil et faune locale peuvent s'immiscer. À l'intérieur de l'édifice, le visiteur fait l'expérience d'une œuvre poétique et surprenante : de fines gouttes d'eau apparaissent, puis ruissellent avant de disparaître dans une imprévisible chorégraphie.
Publié à l'occasion de l'exposition éponyme à la Maison de la culture du Japon, Paris, du 25 janvier au 18 mars 2017, dans le cadre du programme « Transphère (Art – médias – innovation) ».
Rei Naito (née en 1961 à Hiroshima, vit et travaille à Tokyo) est diplômée en 1985 de la Musashino Art University en visual communication design. Elle se fait connaître en 1997, lors de la 47ème Biennale de Venise, avec son exposition « Une place sur la terre » qu'elle présente dans le Pavillon japonais. La même année, son exposition « Being Called », organisée par le Musée d'art moderne de Francfort, est présentée au Karmeliterkloster. Elle participe ensuite à de nombreuses manifestations collectives dans le monde entier, notamment à la Biennale de Gwangju en 2006 et à la Triennale de Yokohama en 2008. En 2009, elle conçoit un espace entier du Museum of Modern Art de Kamakura. En 2012, elle dévoile sa série de petites sculptures Homme dans son exposition personnelle « What Kind of Place was the Earth? » à la Loock Galerie de Berlin. Deux ans plus tard, elle présente ses dernières créations – la série de peintures Color beginning et les sculptures Homme – au Tokyo Metropolitan Teien Art Museum. Parmi ses installations permanentes figurent Being given (Kinza Art House Project à Naoshima, 2001) et Matrix (Musée d'art de Teshima, 2010). Ses œuvres font partie des collections du Musée d'art moderne de Francfort, du Museum of Modern Art à New York, du Israel Museum et du National Museum of Art, à Osaka.