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Mésoamérique – L’effet ouragan
Edgardo Aragón [tous les titres]
Jeu de Paume [tous les titres] Monographies [tous les titres]
Edgardo Aragón Mésoamérique L’effet ouragan
Texte de Jorge Luis Capdepont Ballina, entretien de Edgardo Aragón par Heidi Ballet.

Conception graphique : Julie Rousset & Audrey Templier.

Coédité par le Jeu de Paume, Paris, et le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux.
paru en avril 2016
édition bilingue (français / anglais)
15 x 21 cm (broché)
64 pages (ill. coul.)
14.00 €
ISBN : 978-2-87721-226-7
EAN : 9782877212267
en stock
 
Genèse et documentation d'un projet vidéo et cartographique soulignant l'action néfaste des pouvoirs étatiques et commerciaux d'origine étrangère dans le Mexique ancien et actuel (dans le cadre du programme « Satellite » organisé par le Jeu de Paume et le CAPC).
Constituée d'une vidéo et d'une série de cartes, l'œuvre d'Edgardo Aragón Mesoamerica: The Hurricane Effect propose une cartographie critique des effets du projet d'intégration et de développement de la Mésoamérique dans l'état d'Oaxaca au Mexique. Financé par les Etats-Unis à hauteur de plusieurs millions de dollars, ce projet est officiellement destiné à combattre la pauvreté mais, en pratique, il profite plutôt à des sociétés étrangères et favorise une corruption endémique. Le personnage de la vidéo d'Aragón effectue un geste poétique pour pallier les injustices de ce projet en apportant une batterie électrique dans la localité côtière de Cachimbo, un lieu durement frappé par les ouragans. Bien que Cachimbo ne se situe qu'à huit kilomètres d'un parc éolien du Projet Mésoamérique, elle ne dispose pas d'une alimentation électrique sûre, mais d'un simple réseau à énergie solaire offert par une ONG indienne. En plus de la batterie, le personnage apporte un recueil de légendes zapotèques originaires de la région. En récitant un extrait de l'une d'elles – l'histoire d'un temps de renouveau après un temps de catastrophes –, un habitant de Cachimbo réintroduit dans sa communauté un mode de pensée qui s'oppose à la tradition religieuse importée par les Espagnols, selon laquelle chacun doit accepter ses malheurs sans mot dire.
Ce livre retrace la genèse de cette œuvre à travers un entretien de l'artiste avec Heidi Ballet, tandis que le texte de l'historien Jorge Luis Capdepont Ballina souligne l'importance de la zone du Projet Mésoamérique dans le contexte de l'expansion économique des Etats-Unis, de la Chine ou de l'Europe, et révèle la manière dont l'histoire, au travers du concept de « Mésoamérique », est invoquée comme vecteur de légitimité et de cohésion pour justifier un plan de nature économique.
Dans la publication sont également reproduites les dix cartes, coloriées à la main, qui complètent l'œuvre Mesoamerica: The Hurricane Effect. Celles-ci montrent les géographies de la collaboration entre le Mexique et les Etats-Unis et illustrent le rôle respectif des partis politiques, des cartels de la drogue et des compagnies étrangères dans les retombées négatives du Projet Mésoamérique en présentant chacun d'eux sous les traits d'un animal mythique.
Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Jeu de Paume, Paris, du 9 février au 22 mai 2016, et au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux du 15 septembre au 6 novembre 2016.

Initiée en 2007, la programmation Satellite du Jeu de Paume est dédiée à la création contemporaine. Depuis 2015, le Jeu de Paume et le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux organisent conjointement ce programme d'expositions, assuré dès sa création par des commissaires d'envergure internationale (Fabienne Fulchéri, María Inés Rodríguez, Elena Filipovic, Raimundas Malašauskas, Filipa Oliveira, Mathieu Copeland, Nataša Petrešin-Bachelez et Erin Gleeson).
Intitulé « Notre océan, votre horizon », la neuvième édition confiée à Heidi Ballet se propose d'explorer la notion d'identité océanique – un sentiment d'appartenance façonné par une vision du monde tournée vers l'extérieur et axée sur les horizons et au-delà –, en comparaison d'une identité terrestre fondée sur la délimitation d'espaces finis. En réponse à cette proposition, Edgardo Aragón opte pour la cartographie critique, Guan Xiao se penche sur la transformation et le voyage, Patrick Bernier & Olive Martin s'intéressent aux conséquences des traversées maritimes dans l'histoire et Basim Magdy évoque des histoires secrètes de la mer.
Chaque exposition est accompagnée d'une publication imaginée comme une « carte blanche » aux artistes. Conçue dans un dialogue étroit avec un studio graphique renouvelé à l'occasion de chaque édition, cette série d'ouvrages s'offre comme un espace de création autonome au sein de la programmation Satellite.
L'œuvre de l'artiste mexicain Edgardo Aragón (né en 1985 à Oaxaca, Mexique) s'articule autour de la question du détournement du pouvoir au détriment d'une grande partie de la population. Elle fait souvent référence à des histoires de crime organisé situées dans l'état mexicain d'Oaxaca où l'artiste est né et vit toujours. Baignant dans un calme trompeur, les vidéos montrent de beaux portraits paysagers, mais à mesure qu'elles se déroulent, des détails s'accumulent comme autant de mises en garde renvoyant à de sombres récits de pouvoir, de corruption et d'exclusion sociale. Son approche du paysage rappelle le « fûkeiron » ou la « théorie du paysage » élaborés à la fin des années 1960 par des cinéastes japonais qui considéraient que tous les paysages que l'on rencontre au quotidien, même ceux d'une beauté de carte postale, sont l'expression des structures du pouvoir en place. Dans les œuvres d'Aragón, les pouvoirs figurés à travers ces paysages sont les cartels de la drogue, les partis politiques, les sociétés étrangères et la façon dont leurs activités s'interpénètrent par le biais d'ententes illicites.