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Le Boyau Noir
Stéphane Blanquet [tous les titres]
United Dead Artists [tous les titres]
Stéphane Blanquet Le Boyau Noir
Publié par le Wharf.
paru en janvier 2012
17 x 26 cm (relié)
48 pages (ill.)
20.00 €
ISBN : 978-2-37543-020-0
EAN : 9782375430200
en stock
 
Les œuvres de Blanquet renvoient à un univers clos, un lieu refermé par le déploiement même du dessin qui obstrue toute vacuité de blanc. La claustrophobie provoquée par le plein d'images oblige une observation attentive de l'ensemble de la composition et d'être au plus près, là où se niche le détail sardonique, le pathétique. Catalogue de l'exposition du même nom au Wharf en 2012.
Exposition en collaboration avec la Comédie de Caen, Centre Dramatique National de Normandie, « Le Boyau noir » bénéficie d'une scénographie théâtralisée, où les dessins surdimensionnés entre rêves et cauchemars prennent corps sur les murs telles des réminiscences fantomatiques de nos propres hantises. Les personnages de Blanquet, aux allures parfois joyeuses souvent inquiétantes, se distordent dans un déploiement de noir et blanc où la graphie remplit l'espace de la toile comme pour mieux enfermer le regard sans aucune échappée possible.
L'œuvre tout entière de ce créateur trouve sa genèse dans la peinture, le cinéma, la musique et le son et dont la génération à laquelle il appartient s'est nourrie. Depuis les références classiques de la peinture en passant par les productions de bandes dessinées et d'œuvres graphiques alternatives, c'est tout un atlas personnel qu'il a constitué au cours de ces années. Depuis sa caverne, comme celle de Platon, Blanquet voit et projette sur le papier – cette paroi horizontale – les ombres errantes et nocturnes qui surgissent. La survivance de ses fantômes, ritualisée par le noir et blanc, construit par hybridité une communauté spectrale d'individus avec lesquels nous engageons un dialogue, comme si ces figures ne nous étaient pas si étrangères. Ici, le déployé pariétal de Blanquet aspire le spectateur dans un monde où la frayeur prend des physionomies « familières ».
Publié suite à l'exposition éponyme au Wharf, Centre d'art contemporain de Basse-Normandie, Hérouville-Saint-Clair, de janvier à mars 2012.
Né en 1973, Stéphane Blanquet vit et travaille en région parisienne. Dessinateur, plasticien, metteur en scène, réalisateur, il a derrière lui un long parcours dans le milieu de l'édition et de l'illustration, où il se fait tout d'abord connaître par ses graphzines Chacal Puant (1990) et La Monstrueuse (primé à Angoulême en 1996). Considéré comme l'un des fers de lance de la nouvelle bande dessinée, son univers tourmenté ne laisse personne indifférent et déborde largement du cadre de ses livres édités chez Cornélius, Alain Beaulet, L'Association, Gallimard, Albin Michel ou sa propre maison d'édition United Dead Artists. En 2001, il publie l'un de ses albums les plus marquants, La nouvelle aux pis, roman graphique tout en ombres chinoises, salué par la critique. Dans la même veine mais encore plus sombre, suivra en 2007, La Vénéneuse aux deux éperons. En 2003, il troque le papier pour la peau avec Sur l'épiderme, un ouvrage singulier de peintures sur corps photographiées. Après avoir collaboré en 2006 avec le metteur en scène Jean Lambert-Wild sur la pièce de théâtre Sade Songs (adaptation musicale du Marquis de Sade, dont il a pensé les décors et les costumes), il occupe à partir de 2007 le poste de « directeur oculaire » du Centre Dramatique National de Normandie / Comédie de Caen. Le « Labyrinthique intestin » produit en 2006 pour les Rencontres du 9e Art d'Aix-en-Provence permet à Stéphane Blanquet de déployer son tentaculaire imaginaire au sein d'un vaste dispositif scénographique. Cette exposition sera suivie en 2007 par « Blanquet s'ouvre la panse », présentée à Paris par Arts Factory. En 2009, Blanquet construit un train fantôme au sein du Musée d'Art Contemporain de Lyon, à l'occasion de l'exposition collective « Quintet ». À la suite de l'importante rétrospective que lui a consacré en 2012 le Wharf – Centre d'Art Contemporain de Basse Normandie, il conçoit « A distorted forest », une installation pour le Musée d'Art Contemporain de Singapour, prélude au one man show « Les rêves engloutis », programmé dans ce même musée en 2013 grâce au soutien de la galerie Fuman Art avec laquelle Stéphane Blanquet développe de nombreux projets à l'international.