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Esthétique réactionnaire – Tradition, identité et arts visuels en France (1900-1914)
Neil McWilliam [tous les titres]
Les presses du réel – domaine Histoire de l'art [tous les titres] – collection Œuvres en sociétés [tous les titres]
édition française
17 x 20 cm (broché)
ISBN : 978-2-84066-614-1
EAN : 9782840666141
en projet
 
Un examen du rôle joué par les idéologies nationalistes et conservatrices dans les débats autour de l'histoire de l'art et la production artistique contemporaine en France avant la Première Guerre mondiale.
Mettant en valeur une littérature riche et largement ignorée, cette étude montre comment les théoriciens nationalistes ont élaboré des positions – et des généalogies culturelles – faisant écho à l'image de la France, telles qu'ils essayaient de l'imposer idéologiquement : comment des critiques engagés auprès de mouvements comme l'Action française se fondaient sur la culture pour livrer un diagnostic de la France post-révolutionnaire, où le XIXe siècle – période d'histoire et de culture nationales où le rejet du passé est symbolisé par la suppression de l'Académie royale en 1792 – se confondait avec une époque inaugurée par la privation de l'apport de la tradition, apport jadis assuré par l'institution en tant que garante des transmissions, de génération en génération, de valeurs culturelles établies. Les recherches de Neil McWilliam démontrent que des artistes comme Louis Anquetin, Émile Bernard ou Maurice Denis ont tenté de faire revivre le sens du legs des maîtres du passé, en dehors de la tradition académique, à leurs yeux, discréditée par le dogmatisme de David et ses épigones.
Ce projet explore en outre la signification des différentes traditions mises en opposition pour définir l'essence culturelle de la France, notamment celles ayant rapport au Moyen Age, à la Renaissance française (autour de l'École de Fontainebleau) et au Grand Siècle.
La monographie de Neil McWilliam révèle l'enjeu idéologique de la tradition dans la vie artistique à la veille de la Première Guerre mondiale et trace les contours de la réaction critique et pratique, engagée contre un art d'avant-garde et mettant au défi les valeurs « humanistes » auxquelles les conservateurs tentaient d'identifier leur campagne contre la vie et l'art modernes.
Nommé Walter H. Annenberg Professor of Art and Art History à Duke University aux États-Unis en 2003, Neil McWilliam est spécialiste de l'histoire culturelle de la France entre la Révolution de 1789 et la Première Guerre mondiale. Diplômé de l'université d'Oxford, il est co-fondateur et éditeur du Oxford Art Journal (1977-87) et de Art History (1987-93). Il a été membre de la School of Historical Studies, Institute for Advanced Study, Princeton (1997-98), et John Simon Guggenheim Memorial Fellow (2006-2007). En 2010, il a organisé l'exposition Abusing Power. Conflicts in Caricature au Nasher Museum, Duke University. Il fait partie de l'équipe de recherches travaillant sur l'histoire de l'histoire de l'art en France entre 1900 et 1950, à l'INHA.
Neil McWilliam a notamment publié A Bibliography of Salon Criticism in Paris from the July Monarchy to the Second Republic, 1831-1851 (1991), Monumental Intolerance. Jean Baffier, A Nationalist Sculptor in fin-de-siècle France (2000), et co-édité, avec June Hargrove, Nationalism and French Visual Culture, 1879-1914 (2005).