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La poésie à outrance – À propos de la poésie élémentaire de Julien Blaine
Julien Blaine [tous les titres]
Les presses du réel – domaine Avant-gardes [tous les titres] – collection L'écart absolu – Chantiers [tous les titres]
Julien Blaine La poésie à outrance À propos de la poésie élémentaire de Julien Blaine
Edité par Gilles Suzanne.
Textes de Jean-Charles Agboton-Jumeau, Julien Blaine, Jean-Pierre Bobillot, Achille Bonito Oliva, Jean-François Bory, Philippe Castellin, Claude Darras, Claude Debon, Pierre Garnier Michel Giroud, Bénédicte Gorrillot, Christophe Hanna, Pierre Hild, Gérard-Georges Lemaire, Eric Létourneau, Imen Louhichi Kamoun, Enrico Mascelloni, Isabelle Maunet, Massimo Mori, Antonio Negri, Sandra Raguenet, Michel Samson, Gilles Suzanne, Gaëlle Théval, Anysia Troin-Guis.

Publié avec le Frac Franche-Comté.
paru en janvier 2015
édition française
17 x 24 cm (relié)
504 pages (ill. coul. et n&b)
36.00 €
ISBN : 978-2-84066-638-7
EAN : 9782840666387
en stock
 
Un recueil critique : une réévaluation de l'œuvre poétique (et des problèmes esthétiques qui s'y rapportent) de Julien Blaine, poète, performeur, plasticien, initiateur de formes, de revues, de festivals, de centres d'art, l'un des piliers de la scène poétique de ces cinquante dernières années, aux avant-postes de la poésie expérimentale, héritier de Dada et du Lettrisme mais soumis à aucune école.
Les 37 textes, pour certains inédits, et les 25 auteurs de La Poésie à outrance s'arrêtent sur la poésie polymorphe de Julien Blaine. L'ensemble qu'ils composent propose des clés biographiques, thématiques, notionnelles et conceptuelles qui examinent et mettent en perspective les procédés poétiques que le poète affectionne. Il signale aussi à quel point sa poésie suscite et fait avancer la réflexion sur la poésie contemporaine.
Julien Blaine, poète prolifique, traverse la seconde moitié du XXe siècle, aux avant-postes de la poésie expérimentale. Il n'a de cesse de renouveler le programme des avant-gardes historiques sans se soumettre à aucune école. On le retrouve plutôt à l'origine de poésies singulières et marquantes : poésie élémentaire, mail art, performance, écriture originelle... Sa bibliographie abondante, quelque quarante ouvrages, une centaine de livres d'artiste... constitue en elle-même un dépassement du livre comme résidu et marchandise, aussi bien qu'une critique esthétique et politique du signe, de la langue et de l'écriture.
Quant aux innombrables actions poétiques auxquelles il s'adonne, elles s'inaugurent avec Éléphant Reps 306 (1962), s'achèvent en 2004 (bye bye la perf., 2004), pour se métamorphoser en déclar'actions et autres Installation Humaine Anonyme Laissée Là par Inadvertance. Il se trouve être simultanément, dès les années 1960, au centre d'une activité éditoriale internationale qui sert tout à la fois de pivot et de pilier, de laboratoire et de chambre d'écho, pour toutes les revendications culturelles et artistiques mineures : à travers des revues poétiques (Les Carnets de l'Octéor, Approches, Robho, Doc(k)s, Invece... entre autres), mais également militantes, populaires et de résistance (Géranonymo, Pirates, Vivlalib...), pour son compte, comme pour celui d'autres éditeurs et au bénéfice de nombre de ses pairs. Il est aujourd'hui encore l'auteur de nombreux ouvrages, d'expositions diverses et autres interventions poétiques... qui nourrissent la scène poétique d'avant-garde et alimentent le fonds Julien Blaine, déposé à l'Imec.
Gilles Suzanne est maître de conférences en esthétique et sciences de l'art à l'Université d'Aix-Marseille, chercheur au sein du Laboratoire d'Études en Sciences de l'Art (EA3274). Ses travaux à propos de la poésie élémentaire de Julien Blaine l'ont conduit à s'associer à l'Institut mémoires de l'édition contemporaine, pour lequel il constitue le fonds Julien Blaine, et à éditer le présent recueil.
Dès le début des années 1960, Julien Blaine (né en 1942, à Rognac, vit et travaille à Marseille) propose une poésie sémiotique qui, au-delà du mot et de la lettre, se construit à partir de signes de toutes natures. Forcément multiple, il se situe à la fois dans une lignée post-concrète (par son travail de multiplication des champs sémantiques, en faisant se côtoyer dans un même espace des signes – textuels, visuels, objectals – d'horizons différents) et post-fluxus (dans cette attitude d'une poésie comportementale, où est expérimentée à chaque instant la poésie comme partie intégrante du vécu). Mais avant tout, la poésie s'expérimente physiquement : elle est, d'évidence, performative. Ses performances sont nombreuses, qui parfois le mettent physiquement en péril (Chute, en 1983, où il se jette du haut des escaliers de la gare Saint-Charles à Marseille : violence de cette dégringolade incontrôlable, et la réception, brutale, au sol, quelques centaines de marches plus bas… puis Julien Blaine met son doigt sur la bouche et, sous l'œil d'une caméra complice cachée parmi les badauds médusés, murmure : « chuuuuut ! »). Mise en danger du corps, et mise en danger du poète, qui toujours oscille entre grotesque et tragique, dans une posture des plus fragile, car « le poète aujourd'hui est ridicule ». Performances, livres, affiches, disques, tract, mail-art, objets, films, revues, journaux… sa production est multiple, mêlant éphémère et durable, friable et solide. Pas un outil, un médium qui ne lui échappe. Mais rien qui ne soit achevé, arrêté. Car pour Julien Blaine la poésie est élémentaire, tout ce qu'il produit est fragment, indice d'un travail toujours en cours, document d'un chantier poétique à chaque instant renouvelé. Tous ces « résidus » doivent être lus en soi et en regard de ce qui nous entoure.

Voir aussi Julien Blaine, Bernard Heidsieck & Jean-Jacques Lebel.