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L’art et ses agents – Une théorie anthropologique
Alfred Gell [tous les titres]
Les presses du réel – domaine Fabula [tous les titres]
Alfred Gell L’art et ses agents Une théorie anthropologique
Edité par Alexandre Laumonier et Stéphanie Dubois.
Introduction de Maurice Bloch.
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Olivier Renaut et Sophie Renaut (titre original : Art and Agency. An Anthropological Theory, Oxford University Press, 1998).
paru en 2009
édition française
14 x 22,5 cm (broché)
356 pages (123 ill. n&b)
26.00 €
ISBN : 978-2-84066-252-5
EAN : 9782840662525
en stock
 
Traduction française du livre majeur de l'anthropologue anglais : l'une des toutes premières tentatives anthropologiques de définition de l'art, un ouvrage fondamental, tant pour les historiens de l'art que pour les anthropologues.
L'art et ses agents, ouvrage posthume paru en 1998 sous le titre Art and agency, est sans doute l'une des anthropologies de l'art les plus singulières et les plus fécondes. Plutôt que de penser l'œuvre d'art en terme de beauté, Alfred Gell propose de la situer à l'intérieur d'un réseau de relations entre agents et patients qui manifestent une certaine agentivité (agency) par l'intermédiaire de l'œuvre. Cette théorie a une vocation universelle : il s'agit moins de relativiser le système occidental de l'esthétique que de se rendre sensible aux mécanismes de l'intentionnalité, des ignames décorés de Nouvelle-Guinée aux ready-made de Duchamp.
Pour universelle qu'elle soit, cette théorie demeure bien anthropologique : envisager l'œuvre d'art implique que l'on s'intéresse aux contextes de sa production et de sa circulation. C'est pourquoi Alfred Gell entend produire pour l'art ce que Marcel Mauss ou Claude Lévi-Strauss ont théorisé pour les systèmes de l'échange ou de la parenté. Empruntant à la linguistique d'Umberto Eco et à la sémiotique de C. S. Peirce (sans se plier à leurs principes interprétatifs), les termes qui entrent en jeu dans une combinatoire propre à l'objet d'art sont l'indice (l'objet lui-même), l'artiste, le destinataire et le prototype – le « réseau de l'art » désignant l'ensemble des relations qui font qu'un objet d'art est reconnu comme tel par les différents acteurs sociaux.
Les attitudes que nous avons face à ces objets doivent être comprises en les rapprochant des systèmes de causalité propres à la sorcellerie : nous inférons à travers l'objet d'art la présence d'une personne disséminée. Cette théorie déplace doublement les termes de l'esthétique occidentale (dont le concept de style) car il s'agit non seulement d'abolir les frontières théoriques entre l'art « ethnographique » des musées et celui, bien vivant, qui est produit et circule dans les sociétés, mais aussi de trouver la trame cognitive commune à La Joconde et aux proues de navires mélanésiens. L'objet d'art, dans toute culture, a un certain pouvoir de fascination, qu'on ne peut comprendre qu'en saisissant l'ensemble des interactions sociales qui président à son émergence.
Cet ouvrage fondamental a été salué par des anthropologues tels que Marshall Sahlins, Maurice Bloch ou, en France, Philippe Descola.

« Alfred Gell est un représentant de ce que l'école britannique d'anthropologie a de plus glorieux, et l'arrivée en France de son maître ouvrage témoigne d'une reconnaissance quelque peu tardive, mais dont les effets seront sans doute profonds. Pour ne rien gâcher, l'adaptation de l'ouvrage par les Presses du réel se montre à la hauteur de l'enjeu en proposant des reproductions de très bonne qualité (...). Jalon dans l'histoire de l'anthropologie (...), L'art et ses agents peut aussi faire l'objet d'une appropriation originale par tous ceux qui se trouvent impliqués d'une façon ou d'une autre dans cet art nexus qu'il décrit. »
Pierre Charbonnier, Tina
Alfred Gell (1945-1997) est un anthropologue anglais réputé pour ses travaux sur l'art, le langage et les rituels. Il a enseigné notamment à la London School of Economics de Londres. Art and Agency constitue son maître ouvrage.